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son l réunis par la peau jusqu'aux ongles. La queue esl ronde, el prenante commecelle des Singes du nouveau continent. C’est pour les Caméléons un cinquièmemembre qui compense la lenteur et la gauclierie des quatre autres. Leurs yeuxsont gros et saillants, mais la peau les recouvre presque entièrement, et nelaisse parvenir la lumière à la rétine que par un petit trou placé vis-à-vis de lapupille : outre celte disposition singulière, les yeux se meuvent indépendam-ment l’un de l’autre, c’est-à-dire que l’oeil droit peut regarder en avant, tandisque l’autre regarde en arrière, ou bien que l’un voit les objets placés au-dessusde lui, tandis que l’autre voit ceux qui sont situés au-dessous. Leur corps estcomprimé, leur dos tranchant, et leur nuque relevée en pyramide ; toute leurpeau est chagrinée de petites granulations écailleuses. La bouche est garnie depetites dents terminées par trois pointes arrondies : la langue esl longue, cy-lindrique, etpeuts’allonger hors de la bouche par un mécanisme analogue à celui(pic nous avons observé dans les Pics; cette langue sert à l'animal pour prendreles Insectes dont il se nourrit.—Mais de toutes les particularités qui distinguentles Caméléons, la plus curieuse est le pouvoir de changer subitement de couleur,selon les besoins ou les passions qu’ils éprouvent. Les anciens pensaient quele Caméléon prend successivement la teinte de tous les objets dont il est en-touré, afin de se dérober à la vue de ses ennemis, et les poêles sont venus don-ner une extension métaphorique à cette fable, en comparant au Caméléon tousles gens qui changent de couleur selon les circonstances. Ce qu’il y a de vrai,c’est que ce Reptile peut éprouver des changements remarquables, et devenirtantôt blanc, tantôt jaunâtre, d’autres lois vert, rougeâtre et même presquenoir ; mais ces variations sont causées par les diverses températures auxquellesl’animal est exposé, ou par les [lassions qui l’agitent, telles que la crainte, la co-lère, etc. Quant au mécanisme de ces colorations, Cuvier l’expliquait par ladistension des vastes poumons de l’animal qui, se gonflant plus ou moins d’air,colorent plus ou moins vivement le sang qui arrive dans leurs cellules, le con-traignent à refluer vers la peau, cl donnent à celle-ci des teintes variées; maisonsait aujourd’hui que c’est dans la structure delà peau qu’il faut chercher la causedes changements de couleur du Caméléon : les anatomistes y ont trouvé diversesmatières colorantes, dont les unes peuvent tantôt se montrer à sa surface elmasquer les autres, tantôt se retirer en dessous, et se cacher sous la teinte su-perficielle. — Les Caméléons habitent les parties les plus chaudes de l’Afrique et de l’Asie . L’étendue de leurs poumons leur permet de suspendre leur res-piration pendant des heures entières : ils se gonflent alors, et restent immobilescomme des statues, dans les postures les plus bizarres.—Outre le Caméléon ordi-naire, dont nous allons vous parler, on connaît quelques autres espèces dumême genre : ce sont : le Caméléon nu Sénégal (Laceria Chamæleon, deLinné ), qui a sur la tête un capuchon aplati, et presque sans arête; le Camé-léon nain (Lncerta pttvdla, de Linné), qui porte son capuchon couché enarrière; les flancs, les membres el la queue sont garnis de verrues épaisses;on le trouve au Cap et à File de France ; le Caméléon fourchu ( Chamte-Icon bifnrcns, de Daudin) qui a le casque plat, demi-circulaire, et deux grandesproéminences comprimées, saillantes en avant du museau. Celleptilc habite les
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