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irrécusables. Je veux parler des pluies de Crapauds. 11 arrive souvent qu’aprésune forte pluie, succédant à une longue sécheresse, les rues d’une ville oud’un village sont couvertes de Crapauds : cet accident n’a rien d’extraordi-naire. Ces lîeptiles ont vécu plusieurs semaines dans une terre desséchée, etl'humidité les fait sortir simultanément de leurs retraites en si grand nombre,qu’on pourrait les croire tombés du ciel. Mais il s’agit ici d’une véritable pluiede petits Crapauds, qui sont tombés de l’atmosphère sur la tête, sur les habits,dans les poches des passants et parmi les fleurs ornant le chapeau des dames;on les a vus, touchés, conservés; le fait est certain, il n’y manque qu’une expli-cation plausible. La moins invraisemblable est celle qui attribue ces pluiesétranges à un coup de vent violent, ou à une trombe aérienne, par laquelle unemasse de sable a été transportée au loin, et, avec elle, des myriades de jeunesCra ’s, récemment éclos, qui s’y trouvaient rassemblés. Au reste, vousn’aurez pas de peine à le croire, ce phénomène est regardé par le vulgairecomme un signe de la colère céleste, de même (pie les pluies de soufre, produitestout simplement par le pollen abondant des arbres verts, et les pluies de sont),qui se composent d’eau, tenant en suspension de l’argile rouge ferrugineuse.
Les Pipa ont le corps aplati, la tête large, triangulaire; ils manquent com-plètement de langue; leurs yeux sont très-petits, leurs pattes postérieures cour-tes et palmées; leurs doigts de devant fendus en quaLrepetites pointes. L’espècela mieux connue est le Jlana pipa de Linné, qui vil dans les parties chaudeset humides de l’Amérique méridionale, à Cayenne et à Surinam . On la ren-contre dans les endroits obscurs des maisons : son dos est grenu avec troisrangées longitudinales de grains plus gros. Le Pipa est célèbre par la manièredont les petits se développent. Le mâle place les œufs sur le dos de lafemelle ; alors celle-ci se rend à l’eau, où sa peau, irritée par le contactde ces œufs, se gonfle et forme des cellules, véritables nids accidentels, danslesquels les œufs éclosent. Les Têtards ne sortent pas de ces cellules; ils yachèvent leurs métamorphoses, et ne quittent le dos de leur mère qu’aprèsavoir perdu leur queue et développé leurs pattes : c'est alors seulement quela femelle revient à terre.
Famili.e des Batraciens üiiodèles. — Les Batraciens de cettefamille, nommés vulgairement Salamandres , ressemblent à des Lézards; maisleur tête est aplatie, et l’oreille est entièrement cachée sous les chairs, sans au-cun tympan; les deux mâchoires et le palais sont armés de petites dents; lalangue est disposée comme celle des Grenouilles ; le squelette offre des rudi-ments de côtes. Le qui distingue les Urod'eles des Anoures, c’est qu’à l’état adulteils conservent la longue queue qui, chez les Anoures , disparaît avec l’âge; àleur sortie de l’œuf, ils n’ont pas de pieds et respirent par des branchies en formede houppes, qui, au nombre de trois, sont fixées de chaque côté du col et flot-tent au dehors. Les membres apparaissent successivement, mais ce sont lespattes de devant qui se développent les premières. On les divise en deux genres,les Triions ou Salamandres aquatiques, et les Salamandres terrestres. — Les Sa-lamandres terrestres ont, à l’état parfait, la queue ronde et ne se tiennent dansl'eau que pendant leur vie de Têtard, et pour mettre bas. Nous disons mettrebas au lieu de pondre, car, chez ces animaux, les omis éclosent avant la ponte.