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el île ce point central je lançai nos botanistes dans toutes les directions : il enrevint bientôt plusieurs, qui étalèrent avec orgueil devant nous les richessesvégétales qu’ils venaient de conquérir. Les uns avaient cueilli des Crucifi’tesdans les prés et sur le bord des fossés; les autres avaient récolté diverses es-pèces de Boutons il’or, dont les tiges fluettes dominaient les herbes de la prai-rie; quelques-uns, ayant longé la lisière du bois, en avaient rapporté des An-coites e\. des Anémones: l’une de ces dernières fut surtout remarquée et cueil-lie avec d’autant plus d’empressement que la plupart des individus étaient déjàdéfleuris; mais dans les fleurs dont l’éclosion avait été tardive, le calice déco-loré tenant lieu de corolle, les étamines nombreuses, à anthères dirigées versla circonférence de la fleur, les filets aplatis, naissant sur le réceptacle au-des-sous du pistil, les ovaires nombreux, pointus et indépendants les uns des au-tres, ne permirent pas de méconnaître la famille des Henonculucèes ; et quandon apprit que cette Anémone portait le nom populaire de Sylvie ( Ané-mone nenwrosn ), on trouva plus jolies encore les élégantes découpures de sesfeuilles, et l'attitude gracieuse de sa tige penchée.
Deux de nos jeunes naturalistes montrèrent moins de sagacité que les autresdans l’examen de leur récolte : l’un se présenta avec une fleur bleue dont lacorolle étalée figurait une croix, et me demanda avec assurance le nom de cetteCrucifère. Je répondis que cette plante s’appelait Véronir/ue, et je le priai d en-lever l’un après l’autre chacun des i/natrc pelâtes caractérisant la lamille des