INSECTES COLÉOPTÈRES.
le corps est oblong, et brille d’un éclat métallique très-remarquable. — Lesmœurs des Cicindèles sont féroces, en proportion de la puissance de leursarmes offensives. Ce sont, de tous les Coléoptères, les mieux organisés pourdéchirer une proie; leur course est agile et leur vol léger, mais très-court; ilsne se servent guère de leurs ailes que pour s’élancer sur les Insectes qui leurservent de pâture.
Ces animaux, que Linné appelait de petits Tigres ailés, se tiennent dans leslieux secs, arides, sablonneux et les plus exposés au soleil, où ils font unechasse continuelle aux autres Insectes, qu’ils dépècent en un instant. Leurslarves vivent dans la terre ; elles s’y creusent des trous cylindriqnes perpendicu-laires - de dix-huit pouces de profondeur, et dont l’ouverture est parfaitementronde. L’animal emploie à ceteffetses mandibules et ses pieds; pour déblayer sacellule, il charge le dessus de sa tète de molécules de terre qu’il a détachées, seretourne, grimpe peu à peu, et se repose de temps en temps, au moyen de deuxcrochets cornés, situés sur son huitième anneau, qui lui servent à se cram-ponner dans le long conduit qu’il gravit ; arrivé enfin à l’orifice du trou, il rejetteson fardeau. Ce trou ne sert pas seulement d’abri à la jeune larve; il lui sertaussi à se cacher pour dresser des pièges aux Insectes dont elle se nourrit :elle se tient en embuscade précisément à l’ouverture ronde de ce trou, quebouche exactement sa tête, tenue immobile à fleur de terre ; là elle attend pa-tiemment sa proie. L’Insecte inexpérimenté qui se promène aux environs, et croitmarcher sur la terre ferme, passe sur ce pont perfide, se sent tout à coup saisipar deux mandibules terribles, et tombe au fond d'un précipice, où il est bientôtdévoré. — Parmi les espèces nombreuses qui composent ce genre, et dont laplupart sont exotiques, nous choisirons une espèce indigène, qui vous permettrad’étudier ses mœurs : c’est la Cicindèle hybride (Cicindela Injbrida, deLinné ); elle a Imita neuf lignes de longueur; les ély très sont cuivreuses versleur suiure, c’est-à-dire vers leur réunion; elles ont chacune deux taches encroissant et une bande blanche : une de ces taches est située à la base extérieurede l’élytre, et l’autre à l’extrémité. (La base des élytres est l’extrémité attachéeau corselet. ) La bande blanche qui traverse le milieu de chaque élytre estdroite à sa partie extérieure, et recourbée en crochet dans sa partie intérieure.
La Cicindèle hybride.
Les Insectes du genre Carabe se distinguent des Cicindèles par leurs mâchoiresterminées simplement en pointe ou en crochet, sans onglet articulé à leurextré-