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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES TU A Cil É U 1) ES.

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ou jaunes. L’abdomen est fort grand, recouvert à sa naissance par les deux él y trèsijiii se croisent d’abord un peu et s’écartent ensuite, en raison de la courburedu bord interne ; ces élytres laissent une grande partie de l'abdomen à décou-vert, surtout chez les femelles; les ailes membraneuses manquent. La mêmestructure s’observe dans leMÉLOÉ puosc ahaiiée (Meloe proscarabœtis, deLinné), qui est long d'environ un pouce, d’un noir luisant, très-pointillé, avecles côtés de la tète, du corselet, les antennes et les pieds tirant sur le violet.Les élytrcs sont finement ridées; le milieu des antennes du mâle est dilaté etforme une courbe. — On voit ce Méloé se traîner lourdement çà et Là dans lesterres en friche, dans les pâturages, où il se nourrit d’herbes et de feuilles deplantes peu élevées. L'huile épaisse et jaunâtre qu'il fait suinter des jointuresde ses cuisses est évidemment un moyen de défense que l'animal emploie contreles autres animaux, et surtout les Insectes; mais l'homme attribue à cette huiledes propriétés médicinales, et ce qui avait été donné par la nature au Proscara-bée pour repousser ses ennemis est devenu pour lui une cause de destruction.Cette huile était jadis préconisée dans les cas d'hydropisie, dans le traitementde la peste, et pour apaiser les tranchées des chevaux ; on en avait même fait uncosmétique propre à effacer les gerçures de la peau. De nos jours il a été pro-posé comme préservatif contre la rage, l’une des plus terribles maladies qui af-fligent l'humanité. Le grand Frédéric acheta d'un paysan de la Silésie, pour lasomme de 500 écus d’Empire, un remède que celui-ci donnait pour infaillibledans les cas de morsure de chiens enragés, et dont celte huile de Proscarabéoétait la hase. La recette fut annoncée dans tous les papiers publics, mais mal-heureusement l’expérience n’a pas confirmé cette réputation faite à l’huile deProscarabée par l’ignorance ou la mauvaise foi.—Le célèbre naturaliste de Geeravait observé que la femelle pond, dans la terre, un grand nombre d’œufs réunisen tas, et qu’il en sort des larves à six pieds qui portent deux filets â l’extré-mité postérieure du corps, s’attachent à des mouches, et les sucent. Beaucoupde naturalistes se refusaient à admettre que les larves du Proscarabée sont pa-rasites; mais des observations authentiques de MM. Lepelleticr de Saint-Far-geau et Serville, qui ont isolé plusieurs femelles de Proscarabée, et obtenu deleurs œufs des larves tout â fait semblables à celles que de Geer a décrites, nepermettent, plus de douter que ces larves ne soient celles du Méloé. Voici com-ment l’ingénieux observateur suédois fut mis sur la voie de cette découverte : ilavait enfermé dans un poudrier une femelle de Proscarabée qui, bientôt, y pon-dit un gros tas d’œufs très-petits, oblongs, d’une belle couleur d’orange claire,appliqués les uns sur les autres, sans être collés ensemble, et formant une massedu volume d'une noisette. Quelque temps avant leur éclosion, il avait trouvé,par hasard, de très-petites larves à six pattes sur les Mouches velues â deuxailes, qui ressemblent à des Bourdons, et appartiennent au genre Syrphe : ceslarves se tenaient attachées contre le dessous du corselet de la Mouche, et yétaient fortement cramponnées avec les crochets de leurs pattes; il les observaet les décrivit avec soin. Bientôt les œufs du Proscarabée s’ouvrirent, et, à lagrande surprise de de Geer, il en sortit des Vers absolument semblables à ceuxqu’il avait rencontrés sur le corps de la Mouche; alors il lâcha dans le poudrieroù il gardait ces Vers deux Mouches domestiques communes: dès qu'une de ces

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