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l.a M ime religieuse \Manlis rcHy'wsa, de Fabricius) a clé ainsi nomméeparce <| n 'elle releve et rapproche l'unede l'autre les jambes de ses deux premièrespattes à la manière d’une personne qui prie avec ferveur. Elle est verte, son cor-selet est caréné, avec ses bords latéraux roussàlres dentelés ; les elylres sont pluslongues que les ailes ; il y a une tache noire bleuâtre au côté interne des hanches.Celle espèce se rencontre dans le midi de la France , et quelquefois dans laforêt de Fontainebleau. Les paysans du Languedoc la regardent comme un In-secte sacré, et la nomment Prcga-ltiou ( prie-Dieu > ; les Turcs la tiennent engrande vénération, et Nieremberg, dans son histoire naturelle, raconte tres-gravement que saint François Xavier se promenant un jour dans un jardin, uneMante vint se reposer sur sa main; il lui ordonna de chanter les louanges deDieu , et elle entonna à liante voix nu très-beau cantique. — On raconte qu'unpaysan provençal , qui allait au marché de la ville voisine, revint sur ses pas etrentra chez lui, parce qu’il rencontra en route line Mante dont les gestes luiindiquaient le chemin de son logis. Ce sont toutes ces traditions superstitieusesqui expliquent le nom générique donné à ces animaux : niante, en grec, signilieprophète. Mais celte apparence de sentiments religieux n’est qu'une ruse del'Insecte, qui tient ainsi les deux premières pattes étendues, sans se mouvoir desa place, guette sa proie, el la saisit rapidement en rapprochant sa jambe de sacuisse. Les femelles sont plus voraces que les mâles, et il n’est pas rare de voirun de ceux-ci décapité, puis dévoré par sa compagne. Elles pondent une soixan-taine d'eeufs allongés et de couleur jaune; elles lés placent sur les liges desplantes, et à mesure que les œufs sont pondus, il sort du corps une matiéreépaissequi, en se desséchant à l’air, forme une espèce d'enveloppe de consistance deparchemin, sous laquelle les œufs sont à couvert.
On a donne le nom iVEuipnses à des Mantes qui ont le front prolongé euforme de cornes, et dont les mâles ont les antennes pectinées : telle est l'Esi-pl'se goiVcïlode (Munlis gongy loties, de Fabricius), grande espèce africainequi a près de quatre pouces de longueur, le corselet dilaté au sommet, les cuissesantérieures terminées par une épine, les quatre postérieures lobees et offrantune espèce de manchette.
Les Spectres ne diffèrent guère des Mantes que par leurs pieds tous égaux.Les uns ont la forme d'une feuille serbe, les autres celle d’une branche d’arbre;ils vivent de végétaux, el conservent la couleur de ceux qu’ils choisissent pourleur nourriture. On les a subdivisés en deux sous-genres, les Phasmes et lesPhyllies. — Le Phasme raton ( Phasma baculus, de Latreille) est venu desAntilles ; il lia pas d’ailes, il est de couleur grise ; ses pattes sont anguleuses, eton le _ ’rait de loin pour une branche de bois mort. — Le Piiasme ros-sien ( Phasma Ilossii, de Fabricius) est aptère comme le précédent. Son as-pect est jaunâtre dans la jeunesse, plus ou moins grisâtre dans l’âge adulte,les cuisses sont dentées, les antennes tres-courles, coniques, de treize articlesgrenus et distincts. Cette espèce se trouve à Orléans et dans le midi de laFrance . — Le Phasme uéant ( Phasma gigas, de Fabricius) a le corps longde dix pouces, vert, tuberculé sur le corselet; les elylres sont très-courtes, lesailes sont d'un gris roussâtre, réticulé de brun; les pattes sont épineuses. I|habile les Indes orientales.