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Deuxieme partie.
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de l’étui, vous remarquerez (|ue le gros bout de l’étui est largement ouvert,taudis que l'autre extrémité n’est percée que d'un " ' pratiqué dans

une plaque transparente, dont le tissu est une soie à mailles serrées. Si vousouvrez cet étui dans sa longueur, vous verrez que sa paroi intérieure estun fourreau de soie très-fine. Voulez-vous connaître l’origine et l’usage de cessinguliers tuyaux : explorez avec un peu de patience les eaux dormantes prèsdesquelles vous vous trouvez, vous en trouverez quelques-uns, au fond de l’eauet même à la surface, qui se meuvent avec assez de vitesse; prenez-en un,vous reconnaîtrez qu’il est habité par un animal dont la tète et les pattessortent par la grosse extrémité, et se ramassent à la moindre alarme dans lacavité du tuyau. Pour connaître la structure de cet animal aquatique, il faut leretirer peu à peu de sa maison; mais souvent il résiste et se cramponne à l’in-térieur, et vous serez forcé de l'arracher de force, au risque de le disloquer ;il vaut donc mieux, pour avoir la larve bien saine, fendre en long le haut de sontube avec des ciseaux : vous voyez alors un Ver à six pattes, dont la tête écail-leuse est munie de mandibules fortes, le corps est durci en douze anneaux ; surle quatrième, qui porte la troisième paire de pattes, sont trois éminencescharnues par lesquelles il respire et rejette l’eau; les autres ont de chaquecôté des filets assez longs, qui ont quelque analogie avec les branchies desPoissons . An bout de l’abdomen, sont deux crochets écailleux et bruns, courts,mais solides, au moyen desquels l’animal se cramponne contre les parois de sademeure. Si, après avoir examiné votre larve, vous mettez son fourreau prèsd'elle, elle y rentre lestement, la tète la première, par la plus grosse extrémité,attendu que l’extrémité postérieure a moins de diamètre que son corps ; puis,quelque temps après, elle montrera sa tête à l’orifice de la grosse extrémité, lecalibre de son tuyau lui ayant permis de se retourner et de faire volte-face.

Replacez-la maintenant dans son élément, et observez ses allures : ellemarche au fond de l’eau, puis monte et descend le long des herbes qui y sontsubmergées, toujours emportant après elle son fourreau, dont elle ne fait sortirque sa tète et ses pattes. Au premier coup d’œil, vous vous étonnerez qu’un sifrêle animal puisse traîner une maison dont le poids et le volume doivent l’em-barrasser singulièrement : rappelez-vous nos explications sur la natation, vouscomprendrez que ce fourreau doit perdre dans l’eau une quantité de son poidségale au poids de l’eau qu’il déplace; puis, placez dans l’eau un de ces four-reaux vides, vous verrez qu’il surnagera; c’est donc plutôt un support qu'unfardeau pour la Frigane, et ce qui le prouve , c’est que la Frigane seule nepeut rester à la surface de l’eau, ni elle, ni la soie qui garnit son étui. Vous enconclurez que la Frigane, ne sachant pas nager, et cependant deslinée à vivredans l’eau, a dû se pourvoir d’un navire dont les matériaux fussent moinsdenses que le liquide; il fallait toutefois que la différence de densité fût bienpeu considérable, car si le fourreau avait été trop léger, l’animal n’aurait pudescendre au fond de l’eau. Or, ces matériaux sont très-variés, et choisis demanière à remplir parfaitement les conditions que nous venons d’indiquer. Cesont des substances végétales toutes plus légères que l’eau, mais lestées à leurtour par de petits grains de sahle et de gravier; ce sont aussi des coquillesd'eau douce univalves et bivalves, qui renferment même quelquefois leurs ani-