CAMILLE DES MELLIEÈKES.
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(jtii n'a plus rien à la ire pour lui, paraît l'oublier entièrement, et s’occupe desautres cellules, dont le nombre est de quatre à huit. Leur disposilion n’estnullement symétrique, et celle négligence apparente n’est qu’une précautionqui a pour but de rendre l’édilice moins remarquable. La Maçonne, après avoirrempli de mortier tous les espaces compris entre les cellules, donne à la massequi les compose une enveloppe commune qui lui donne un aspect informe, peupropre à attirer l’attention.
N’allez pas croire que ces travaux soient pour l’Abeille Maçonne un exerciceagréable, ou un besoin qu’elle est heureuse de satisfaire, ainsi que quelquesnaturalistes l’ont pensé. Ce qui prouve (pie ce travail est un devoir pénible plu-tôt qu’une récréation, c’est que souvent, pendant que la Maçonne est allée secharger de matériaux, une autre Abeille de la même espèce s’empare d’unecellule presque achevée, s’y installe, la visite et la ragrée, comme si elle vou-lait mettre la dernière main à un ouvrage commencé par elle, bientôt arrivela Maçonne avec son sable, et vous pouvez voir le combat qui s’engage entrel’usurpateur et le propriétaire légitime, combat qui dure souvent plusieursheures, et qui se termine par la fuite du plus faible.
La larve de l’Abeille des murailles se change en nymphe dans une coque desoie qu’elle file, passe l’hiver dans cette coque, et devient Insecte parfait le prin-temps suivant. C’est par la chaleur du soleil que la jeune Abeille est avertiequ’il est temps de sortir de sa prison; il faut qu’elle perce les murs épais quila renferment de toutes parts, car la porte, c’est-à-dire l’ouverture supérieurede chaque cellule a été bien murée, et recouverte encore d’une couche de mor-tier. Les mandibules de l’Insecte doivent ouvrir un trou capable de laisser pas-ser son corps, et cela dans une matière que les couteaux n’attaquent pas sansen souffrir. Si les mères qu’on a vues travailler pendant l’année précédente pas-saient l’hiver, on pourrait penser que l’instinct maternel les ramène sur lesnids, et qu’elles viennent en ouvrir les cellules; mais elles sont mortes dès lespremiers froids. C’est donc à la Mouche naissante de s’ouvrir sa prison, quel-que durs et épais qu’en soient les murs. Vous pourrez vous assurer qu’elle enest capable, en plaçant au commencement du printemps, sous une cloche deverre un nid (l’Abeille maçonne. Avant le mois de mai, vous verrez sortir lesAbeilles; si vous avez la précaution de boucher cette cloche par une simplegaze, les Abeilles qui chercheront à s’échapper ne songeront pas à percer lagaze qui les arrête, et périront sous la cloche.
En vous parlant du Clairon des Abeilles, nous vous avons dit que ce Coléop-tère profite de l’absence de la Maçonne pour placer un de ses œufs dans la cel-lule où celle-ci a déposé le sien; le Ver de l’Abeille éclôt le premier, et senourrit de la pâtée préparée par sa mère ; quand il s’est développé, et avant qu’ilse transforme en nymphe, la larve du Clairon éclôt à son tour, dévore son com-mensal, perce la cellule voisine, et dévore le frère du premier, puis pénétre decellule en cellule, dont l’habitant lui sert de pâture. Elle se nourrit ainsi jusqu’àl’époque où elle doit à son tour devenir nymphe : c’est un Ver rouge, d’une nuanceplus forte que le rose; son corps est presque nu, sa tête est noire, écailleuse elarmée de mandibules fortes, capables d’agir avec succès contre le mortier desnids. Il a six pattes écailleuses, et son abdomen est terminé par deux petits