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Deuxieme partie.
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leurs mandibules, s’exhaussaient sur leurs jambes pour replier leur abdomenen avant, et faisaient jaillir mutuellement leur venin contre leur adversaire.Elles se serraient de si près qu’elles tombaient sur le côté, et se débattaientlongtemps dans la poussière; elles se relevaient bientôt et se tiraillaient réci-proquement, afin d’entraîner leur antagoniste. Mais quand leurs forces étaientégales, les athlètes restaient immobiles, et se cramponnaient au terrain, jus-qu'à ce qu’une troisième Fourmi vînt décider l’avantage : le plus souvent l’uneet l'autre recevaient des secours en même temps; alors toutes les quatre, setenant par une patte ou par une antenne, faisaient de vaines tentatives pourl’emporter ; d’autres se joignaient à celles-ci, et quelquefois ces dernièresétaient à leur tour saisies par de nouvelles arrivées ; c’est de cette manièrequ’il se formait des chaînes de six, huit ou dix Fourmis, toutes cramponnéesles unes aux autres. L’équilibre n’était rompu que quand plusieurs guerrièresde la même république s’avançaient à la fois; elles forçaient celles qui étaientenchaînées à lâcher prise, et les combats particuliers recommençaient.

« A l’approche de la nuit, chaque parti rentrait graduellement dans la citéqui lui servait d’asile; et les Fourmis tuées ou menées en captivité n’étant pasremplacées par d’autres, le combat cessait faute de combattants. Mais avantl’aurore, les Fourmis revenaient à la charge, les groupes se formaient, le car-nage recommençait avec plus de fureur que la veille, et j’ai vu le lieu de lamêlée occuper six pieds de profondeur sur deux de front. Le succès fut long-temps balancé ; cependant, vers le milieu du jour, le champ de bataille s’étaitéloigné d’une dizaine de pieds de l’une des cités ennemies, d’où je conclus quecette dernière avait gagné du terrain. L’acharnement des Fourmis était sigrand, que rien ne pouvait les distraire de leur entreprise : elles ne s’aperce-vaient point de ma présence, et quoique je fusse immédiatement au bord de leurarmée, aucune d’elles ne grimpa sur mes jambes : elles n’avaient qulun seulobjet, celui de trouver une ennemie qu’elles pussent attaquer. »

Ici vous allez demander quel instinct fait reconnaître à chaque Fourmi cellesde son parti, et à quels signes elles se distinguent dans la mêlée, où des milliersd’individus de la même couleur, de la même taille, de la même odeur, de lamême espèce enfin, se rencontrent, se croisent, s’attaquent, se défendent, s’i-nondent de venin et s’emmènent prisonnières : vous ne pourrez vous rendrecompte de cette merveilleuse sagacité qu’en admettant l'existence d’un langageentre ces Insectes. Leurs antennes jouissent d’une flexibilité qui les rend pro-pres à produire des mouvements variés à l’infini, que P. Iluber a appelés langagenntennal : notez bien que ce langage est fondé, non pas sur des gestes visibles ,mais sur l’attouchement de certaines parties, parce qu’il faut qu’il puisse servirdans la fourmilière, où la lumière du jour ne pénètre jamais. Il en résulte qu’uneFourmi ne peut se faire entendre que d’une seule de ses compagnes à la fois,mais l’impression qu’elle a donnée se propage de l’une à l’autre avec une ex-trême rapidité. La liaison des Fourmis avec les Pucerons va nous prouverqu’elles savent se faire entendre d’autres Insectes.

Les Fourmis se nourrissent indifféremment de matières animales et végétales,telles que les fruits, les Insectes, les larves, les cadavres de Quadrupèdes, oud’Oiseaux, ou de Itepliles, de pain, de sucre, etc.; mais elles sont surtout trés-

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