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I,e S eiii x x Ansoros (Sphinx Airopos, \]e Kinn«* ) est lu type du sous-genre Athcroniiti, d'Ochsenheimer, qui a pour caractères une langue épaisse,plus courte que la poitrine, des palpes courts très-oldus, la tète grosse, les an-tennes courtes el roules, les ailes supérieures lancéolées, les postérieures arron-dies à leur angle interne, l'abdomen très-gros, moins conique que dans les vraisSpliinx, les tarses à crochets vigoureux, le vol lourd et crépusculaire. L'Atroposa les ailes supérieures mélangées de brun foncé, de brun jaunâtre et de jauneclair ; les inférieures sont jaunes, avec deux bandes brunes ; le corselet porteune tache jaunâtre dans laquelle le noir dessine grossièrement des yeux, desjoues et une bouche figurant une tète de mort ; l'abdomen est cerclé d'anneauxnoirs. La Chenille est d'un beau jaune, et a de chaque côté du corps, â partirdu quatrième anneau, sept bandes obliques vertes, mais plus foncées antérieu-rement. Son dos offre en outre une série longitudinale de sept chevrons bleus,piqués de noir et séparés des bandes susdites par des points verts. La tète estlatéralement bordée de noir; la corne est raboteuse, longue el courbe. Elle vitsur les Pommes de terre et diverses autres espèces du genre Solamnn. C'est âla fin de juillet qu’elle travaille â sa transformation : elle se compose une coqueavec des grains de terre, bien aplanis en dedans, et réunis au moyen d'uneliqueur gluante, qu'elle dégorge par la bouche. La Chrysalide est d'un brunclair, et la trompe est cachée sous le masque. L'Insecte parfait éclôt en sep-tembre; il fait entendre en volant, et lorsqu'on le saisit, un bruit semblable àun cri plaintif. Or, notez (pie l'équinoxe d'automne, époque de son apparition,est aussi une époque de dysscnleries el d'autres maladies épidémiques, souventmortelles, et vous comprendrez pourquoi, dans certaines années où il abondeet où il règne des épidémies, son vol nocturne, son cri lugubre, et surtout satète de mort, ont répandu la terreur parmi les habitants des campagnes, qui re-gardaient cet Insecte comme l’avant-coureur d’une " ' aine: en 1729,
il en parut une grande quantité dans la basse Bretagne , et comme leur présencecoïncida avec des fièvres graves qui firent périr beaucoup de malades, le peupleleur attribua ce désastre. Un curé envoya au Mercure de France une descrip-tion effrayante de l’Atropos ; il le décrivait comme l’emblème vivant d’unepompe funèbre: le ministre de la marine lit remettre â Itéaunnir des dessinsde ce Sphinx, qu’on lui avait envoyés de Bretagne , en lui apprenant l’effroi qu’ilsy causaient, et en le priant de savoir si l'Académie des sciences jugeait que lesalarmes du peuple fussent fondées. — Vous savez que l’Alropos est friand demiel, et qu’il dévaste les ruches où il peut pénétrer : nous vous avons racontéce qui arriva au rucher d’IIuber, eL les précautions merveilleuses que prirent lesAbeilles contre l’envahissement de ce parasite, précautions (pii se rencontrèrentavec celles d’IIuhcr lui-même. Itéaumur attribue le cri plaintif de l’Atropos anfrottement de la trompe contre les palpes entre lesquels elle s’engage. M. Loreyl'explique tout autrement : il dit s’être assuré par des expériences positives quece n’est pas à un frottement de corps solides, mais bien aux vibrations de l’airqu’il faut attribuer ce bruit. Cet air s’échappe par un stigmate qui s’ouvre auxdeux côtés de la base de l’abdomen, et qui, dans l’état de repos, est fermé parun faisceau de poils très-lins, formant un petit soleil : il a coupé successivementles palpes, la trompe, la tète, et le bruit s’est reproduit comme auparavant.