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Le Bombyx phocessio.nxaihe ( lioiiibij.e piocessionca, de Fahricius ) a lecorps cendré ainsi que les ailes; les supérieures ont vers leur hase deux raiesobscures et une troisième noirâtre un peu an delà de leur milieu; toutes lestrois sont transversales; les Chenilles ont le corps velu, d'un cendré obscuravec le dos noirâtre e es tubercules jaunes; elles vivent en république
sur le Chêne, dont elles mangent les feuilles. Dans leur jeunesse, elles nefont que de légères toiles, cl changent souvent de domicile, sans cependantquitter l’arbre où elles ont pris naissance : ce n’est qu’aprés leur troisièmemue, vers le commencement de juin, qu'elles se forment une habitation iixede dix-huit â vingt pouces de long sur cinq à six de large, arrondie à chaquebout, et attachée verticalement contre le trou, tantôt prés de terre, tantôt àhuit ou dix pieds de hauteur; ce nid est formé d’un tissu serré, imperméable,divisé intérieurement en plusieurs galeries de soie, qui vont toutes aboutir àune seule ouverture pratiquée au sommet du nid. Ces sortes d’habitations ne setrouvent ordinairement que sur les Chênes placés près de la lisière des bois, oua peu de distance des allées. Quelquefois il y en a trois ou quatre sur le mêmearbre. Si vous vous promenez le long d’un bois, vers la lin d’une belle journéede juin, vous pourrez vous procurer le spectacle des évolutions qu'exécutent lesChenilles après le coucher du soleil. Tenez les yeux sur l’ouverture placée â lapartie supérieure du nid; vous verrez une Chenille sortir la première, et s’a-vancer en explorant le terrain avec précaution ; une seconde la suit immédia-tement; une troisième marche après la seconde, puis vient un rang de deux Che-nilles qui se touchent entre elles et touchent celle qui est devant; elles sontsuivies d’un autre rang composé de trois Chenilles; puis vient un rang de quatre,[mis un rang de cinq, puis un rang de six, et tous, bien alignés, se conformentlidélement aux mouvements de la première qui ouvre la marche : de là leurnom de Processionnaires . Le guide vient-il à faire bal Le, toute la troupe s’ar-rête; se remet-il en marche, on continue la route; s’engage-t-il dans un détour,toute la ligne y passe après lui. Lorsque les Chenilles arrivent sur une branchecouverte de feuilles fraîches, vous les verrez s’apprêter à les fourrager : lesrangs se fortifient, se doublent, se triplent, se distribuent sur ces feuilles,de manière à ne laisser aucun intervalle entre les convives, qui se louchentdans toute la longueur de leur corps. Le repas terminé, on reprend le chemindu nid ; une Chenille se met en mouvement, elle est immédiatement suivie parune seconde, à la queue de laquelle plusieurs marchent de front ; de nouveauxpelotons s’organisent, on s'ébranle de tontes parts, on s’arrange, on se place, lebataillon délile, et nos Processionnaires regagnent leur tente de soie dans le mêmeordre de bataille que celui qu’elles observaientquand vous les avez vues en sortir.Si vous voulez examiner l’intérieur de leur habitation, ne touchez aux dépouilleset aux nids de ces Chenilles qu’avec une extrême précaution, parce que les poilsqui les entourent étant secs et cassants, entrent facilement sous l’épiderme, etvous occasionneraient une inflammation trés-douloureuse, que vous ne pourriezsoulager qu’en vous frottant la peau avec du persil. — Nous vous avons parlé, entraitant des Coléoptères, du C 'alosume iiuiuisilcnr , et du (.alosome sijcopltanie :c’est surtout la larve carnassière de cette dernière espèce qui s’introduit dansles nids des Processionnaires, el s’en nourrit avec voracité.