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CLASSE DES M YIl IA V ODES,
Les animaux articules dont nous allons vous entretenir étaient rangés autre-fois dans la classe des Insectes, auxquels ils ressemblent complètement sous lerapport de l'organisation intérieure; mais les naturalistes modernes, réservantexclusivement le nom d’insectes aux articulés pourvus de six pattes, les Myria-podes ont dû former une classe à part. Leur corps, en effet, est très-allongé cl.divisé en un grand nombre d’anneaux, dont chacun porte une paire de pattes;le nombre de ces anneaux est de vingt-quatre ou davantage; et il n’existe au-cune ligne de démarcation entre l’abdomen et le corselet. Celui-ci ne porte ja-mais d’ailes, de sorte que l’on peut comparer le Myriapode à un Ver ou à unpetit Serpent muni de pieds. La tête est garnie de deux petites antennes et dedeux yeux formés ordinairement d'une réunion d’yeux lisses; la bouche estconformée pour broyer : elle présente deux mandibules composées de deuxarticles, avec une lèvre à quatre divisions, et deux paires d’appendices sem-blables à de petits pieds. Les pattes ne se terminent que par un seul crochet.La respiration s’exécute par des trachées qui aboutissent à des stigmates laté-raux, comme chez les Insectes. Les seules métamorphoses qu’éprouvent cesMyriapodes consistent dans la formation de nouveaux anneaux, et dans uneaugmentation correspondante du nombre des pattes.
Cette classe se compose de deux familles naturelles, ou de deux grands gen-res : ce sont les Iules et les Scolopendres.
Les Iules ont généralement le corps cylindrique et revêtu d'une peau très-dure. Les antennes, au moins aussi grosses vers le bout que Vers la base, sontformées de sept articles ; les pattes sont très-courtes ; les deux ou trois derniersanneaux du corps en sont dépourvus. Les Iules se nourrissent de matières vé-gétales et animales décomposées; leurs mandibules sont garnies de dents im-briquées; la bouche est munie, eu outre, d’une espèce de lèvre inférieure etde deux paires de pieds semblables aux suivants, mais plus rapprochés à leurbase ; les deux côtés du corps sont garnis d’une série de pores livrant passage àun liquide aigre et fétide. Leurs mouvements sont lents : ils glissent plutôtqu’ils ne marchent, et se roulent en spirale ou en boule; ils pondent leursœufs dans la terre. Les petits sont d’abord apodes, mais ils changent souventde peau, et à chaque mue le nombre des pattes augmente. — L'Iule ter-ii est re (Iulus terreslris, de Linné) a cinq lignes de longueur; son corps estcylindrique, composé de quarante-deux à quarante-huit segmeuls, dont chacunporte deux paires de pattes, ce qui fait environ deux cents pattes. Sa couleurest noirâtre, cl sa peau fort lisse. On le trouve sous les pierres et dans laterre.
Les Scolopendres ont le corps aplati et membraneux, les antennes s’amin-cissent vers le bout et se composent de quatorze articles au moins. Chaqueanneau est recouvert d’une plaque coriace, et ne porte qu’une paire de pieds,
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