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Deuxieme partie.
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CRUSTACÉS RR 0 Y EU K S.

CLASSE DES CRUSTACÉS.

Les animaux articulés que nous allons étudier sont pourvus d’un cœur el debranchies pour respirer dans l’eau : les Crabes, les Ecrevisses et les Cloportesforment les types de ce groupe nombreux ; mais en descendant dans la série desêtres qui le composent, on voit se modifier et se simplifier de plus en plus leurorganisation; et les derniers Crustacés sont si imparfaits qu’ils ne peuventvivre qu’en parasites : aussi beaucoup de naturalistes les ont-ils rangés parmiles Vers intestinaux.

Les Crustacés ont le corps divisé en anneaux, tantôt mobiles, tantôt presquetous soudés ensemble, et ne se distinguant que par des sillons situés à leurpoint de, jonction ; tantôt enfin intimement unis et ne formant qu'un tronçon,dont on ne peut juger la composition articulée que par analogie. Leur squelettetegumentaire offre en général une consistance pierreuse, due à une proportiontrès-considérable de carbonate de chaux; cette croûte, qui a donné lieu à ladénomination de Crustacés, et qu’on désigne aussi sous le nom de lest, est unvéritable épiderme, et au-dessous d’elle on trouve une membrane analogue auderme des animaux supérieurs. A certaines époques, elle se détache, et tombe,comme vous avez vu tomber l'épiderme des Serpents et le tégument des In-sectes. Chez les Crustacés , la nécessité des mues fréquentes est plus évidenteencore que chez les Insectes, car la gaine solide qui les enveloppe, étant inex-tensible, opposerait une résistance insurmontable au développement des orga-nes intérieurs, si elle ne tombait pas du moment qu’elle est devenue tropétroite pour les loger commodément. La manière dont les Crustacés se dépouil-lent de leur enveloppe est singulière : en général, ils parviennent à en sortirsans y occasionner la moindre déformation; et lorsqu’ils la quittent, toute lasurface de leur corps est déjà revêtue de sa nouvelle gaine, mais celle-ci estencore entièrement molle, et n'acquiert qu’après quelques jours la consistancequ'elle doit avoir.

La tête est tantôt libre, tantôt soudée au thorax; elle porte les yeux, les deuxpaires d’antennes et la bouche, qui est garnie d’appendices nombreux, dontquelques-uns sont analogues à de véritables pattes, et servent à la fois à la pré-hension des éléments, et à la progression de l’animal; ce qui les a fait nommerPieds-Mâchoires. Les pattes sont fixées aux anneaux du thorax ; il y en a aumoins cinq paires. A la suite de ces pattes proprement dites, on trouve ordi-nairement une double rangée d’appendices fixés à l’abdomen, et nommés faussespattes; ils aident à la natation, et servent à porter les œufs.

Le système nerveux se compose d’une double série de ganglions situés surla face ventrale, près de la ligne médiane du corps, et leur nombre corres_à celui des segments ; ils sont plus ou moins rapprochés, selon que l’organisa-