«54 K.VIBRANCHEMENT DES ZOO NI Y TES.
et aceli, de Muller), qui se multiplient dans la colle de farine aigrie et dans levinaigre, et se nourrissent des petits végétaux développés pendant la fermen-tation. Ces Vibrions changent de peau, font des petits vivants en été, et pon-dent des œufs en automne; la gelée ne les fait point périr. D'autres espèces deVibrions se trouvent dans le sang des animaux, dans la sève des plantes, dansle blé carié, dans le fromage sec; d’autres pullulent dans le tartre que les ali-ments déposent autour des dents. Enfin, au plus bas degré de l’échelle animaleviennent se placer les Monades, qui se réduisent à de petits points globuleux,tourbillonnant dans l’eau. Telle est la Monade piwncipe (Monas lerino, deMuller ), ainsi nommée parce qu’elle est le terme ou le principe de l'existenceorganique. Elle apparaît par myriades et très-promptement dans les infusionsde substances animales et végétales, et y disparaît à mesure que des corpsorganisés moins simples ou plus grands s’y développent, comme si elle était lamolécule dont ces créatures se forment.— Représentez-vous une de ces Monadesayant un deux-millième de ligne en diamètre, offrant sur son corps des tachescolorées d un quarante-huit-millième de ligne, et digérant ses aliments dans unestomac dont les parois sont de l’épaisseur d’un six-millionième de ligne; or,dans I épaisseur de ces parois se ramifient des vaisseaux, et dans ces vaisseauxcircule un fluide. Mais ce n’est pas encore la l’infiniment petit: Leuwenlioecket Malesieu ont étudié des animalcules dont dix millions réunis n’égalent pas lagrosseur d un grain de sable ; d’autres sont vingt-sept millions de fois plus petitsqu une Mite, laquelle est invisible à l’œil nu. Vous comprenez maintenant quesi la Nature, par un caprice, réalisait les fictions ingénieusement comiques deGrandville, et ordonnait à ces animalcules de danser un galop, la pointe de laplus fine aiguille deviendrait pour eux une immense salle déliai. Ici la créa-tion nous échappe ; nous sommes sur les confins du Règne animal, et un pas deplus va nous transporter dans la classe des Algues, dont la plus simple espèceest le Protococcus nwalis ce végétal, dont nous vous avons déjà parlé, se com-pose d une cellule unique, comme la Monade, mais il n’est pas doué de mouve-ment comme elle.
Conclusio n. —En terminant cet exposé (trop long peut-être et bien abrègecependant) des productions naturelles rassemblées de tous les points du globedans l’immense Muséum du Jardin du Roi, nous aurions voulu signaler à votreadmiration reconnaissante tous les naturalistes dont les ouvrages ont éclairévos pas dans le voyage que vous achevez aujourd'hui. 11 ne s’agit pas ici de cesauteurs-libraires, diviseurs etsuhdiviseurs de genres etd’espèces, créateurs in-trépides de mots grecs, que vous verriez pâlir d’effroi, si vous alliez innocemmentles prier de vous Iraduire le premier vers de l’Iliade. Il s’agit encore bien moinsde ces anatomistes, compteurs de fibres, qui croientque dénombrer c’est décrire,et affectent un superbe dédain pour les idées d’ensemble, parce que l’horizonde leur esprit ne peut embrasser que quelques détails. Ces laborieux maçons dela tour de Babel n’ont garde de suivre philosophiquement un organe uniquedans scs transformations successives; ils trouvent plus commode d’imposer ala moindre modification de forme une dénomination nouvelle, qui, aux yeux