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Tome premier.
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de chaleur, lorsqu’elle est échauffée , quetoute autre. ) Alors l’air, renfermé dans laBombe , étant dilaté par la chaleur de cetteeau bouillante , s'échappera de la Bombe., &formera fur la surface des petites bullesd’air, supposé que la Bombe ait des crévalsesou des fentes, qui lui donnent iffue.

Une fois qu’on a reconnu que la Bomben’a point de fentes, on la remplit de poudrenon pilée, 8c on enfonce avec force unefusée par la lumière , pour communiquer lefeu à cette poudre. On bouche exactementce trou avec une espece de mastic , capablede résister aux efforts de la poudre enflam-mée , qui réduit dans cet état la Bombe enpieces. On jette la Bombe par le moïen dumortier. Voler MORTIER.

Menus , dans Ion Traité d'Artillerie,Tom. H. ch. 4. coníeille de se servir pourremplir la Bombe de cette composition. Aulieu de poudre commune, il prend 10 livresde salpêtre, 13 livres de soufre bien broïépendant 14 heures , & humecté avec du bonvinaigre , où il a mêlé de l’elprit de vin cam-phré , 8c dans lequel il a fait infuser de l’ail.Ce mélange forme une pâte, qu’on réduitcn grain , comme la poudre ordinaire.

La charge d une Bombe de 17 pouces dediamètre , qui est de la plus grande espece,est ordinairement de 48 livres de poudre.Elle pese étant chargée , environ 490 livres.Je suppose ici qu’il ne s’agit que de fairecrever la Bombe ; car si l’on vouloir par sonmoïen, mettre le feu à une Ville, il nefaudroit pas épargner la poudre. M. Belidora donné des réglés pour charger les Bombes

Î |u’on veut faire crever , déduites de plu-ìeurs expériences. Voie £ son BombardierFrançois , fans négliger les Mem. d'Artilleriede S. Rémi.

i. Charger comme il faut une Bombe, n’estpas difficile. Mais ce n’est pas là en quoi con-siste l’art du Bombardier. Le grand point estde la savoir jetter. En effet, à quoi íerviroitune Bombe bien chargée , si elle étoit maldirigée? Voici quelques principes, qui ren-ferment toutes les réglés de l’art de jetter lesBombes. Ces réglés íonr des corollaires dela théorie de cet art, dont on trouvera lestondemens au mot Ballistique.

Il est démontré , que la portée de différenscoups ejl à charge égale , comme le finus dudouble des angles d'élévation du mortier. De-là il fuit, que connoissun la portée d’uncoup à une élévation donnée , on aura cellede tel autre coup , à telle élévation qu’onvoudra, en disant : Lefinus du double de 1‘an-gle de l'élévation connue , ejlau finus du dou-ble de l'angle de l'élévation proposée , comme

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la portée connue, est à la. portée qu'on de-mande.

Pour avoir cette portée , qui doit servirde fondement à toutes les autres, il faut faireune expérience. Dans les thoses Physiques ,on est toujours obligé d’en venir là. Galilée& son succelTeur Toriceìli n’ont pû faire au-trement , eux à qui l’on est redevable de l’artqui sait ici l’objet de nos réflexions. UneBombe étant donc chassée fous un angle d’é-lévation déterminé , on mesure exactementla portée de cet angle ; ce qui donne le pre-mier terme d’une réglé de proportion , pourtoutes les portées quelconques , qu’on for-mera comme ci-devant. Ajoutons , que cesdeux portées étant données, cette expérien-ce servira également, pour trouver les an-gles d’élévation par cette analogie : La por-tée connue ejl à la portée donnée , comfne lefinus du double de l'angle de l'élévation dumortier , avec lequel on a fait Vexpérience ,st au double du finus de Vangle que l'oncherche.

A11 reste , je dois dire ici, pour ceux quine le savent pas , qu’on fuppole que la portéedonnée n’excede pas celle que peut donner4f° d élévation , qui est la plus grande ,comme l’a reconnu le premier Tartaglia. Età propos de 4s 0 , n’oublions pas, pour le casprécédent, que si sangle qu’on propole, aplus de 4; ", il ne faudra pas prendre le dou-ble, pour avoir le sinus que demande la ré-glé, mais doubler celui de son complément.

Il ne reste plus pour achever l'ébauche desart de jetter les Bombes, que de faire men-tion des instrumens nécessaires pour con-noîrre sangle d’élévarion du mortier. On ena inventé de plusieurs fortes. Le plus simpleest, fans contredit, l’équerre de Tartaglia ,appellé Equerre des Canoniers. Vote £ E-QUERRE.

3. Voilà fart de jetter les Bombes, tel qu’onle pratique depuis assez long-tems. De nosjours des Officiers lupérieurs ont voulu lerendre plus terrible. Pour le tir du canon ,M. de Vauban a inventé le ricochet. ( Voie^BATTERIES.) Ce ricochet, si utile pourl’atraquc des Places, fit penser, que si l’onpouvoir tirer les Bombes à ricochet, on per-fectionneroit abíolument cette partie de fartde la Guerre. En 172,3, des expériences fu-rent faites à ce sujet, 8c de ces expériences »il résulta que les obus, forte de mortier,( Voïei MORTIER) inclinés depuis 8° dé-grés jusques à 11“, toujours entre ces deuxnombres , chassoient la Bombe de relie ma-niéré , qu elle ne se mouvoir que par sauts8c par bonds. L’effet de ces batteries á rico-chet doit être terrible. Qui en doute? Il est