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ABESTAN. Machine compo-sée d’un cilindre posé vertica-lement entre des pieces debois , autour desquelles on lefait tourner par le moïen desleviers, qui passent dans cecilindre. Cette machine est fisimple , qu'il feroit inutile de la faire con-noître autrement que par fa définition , endonnant fa figure ( Planche XL. Figure 148.)Ce qu’on peut ajouter , est qu’elle íert à éle-ver Sc à tirer des fardeaux fur terre, & quefa force augmente à proportion que les lé-viers par lesquels les hommes agissent fontlongs.
Sur les vaisseaux l’ufage du Cabefìan estbeaucoup plus étendu. Il est utile , pour lesremonter, pour les faire venir à terre, afinde les calfater, 8c fur-tout pour lever l’an-cre. A cette fin les vaisseaux ordinaires ontdeux Cabestans , un grand qu’on nomme Ca-bestan double , Sc un ordinaire. Celui-là estposé fur le premier pont, 8c s’éléve de 4 ou5 pieds au-dessus de celui-ci, qui n’est des-tiné qu’à ijfer les mâts de hune , 8c les gran-des voiles; ail lieu que l'autre plus fort sertà lever l’anere. Le petit Cabestan est placé furle second pont entre le grand mât Sc le mâtde Milene.
Les Cabestans ont des défauts, dont lesMarins n’ont encore pû les débarrasser furmer, malgré les peines qu’on a prises, 8c lesdifférentes constructions qu’on en a données.Ces défauts font qu’après plusieurs tours quela corde a fait fur le cilindre , on est obligéde choquer plusieurs fois , selon la longueurde la corde. Par le détail de la manœuvrenautique de cette machine, détail qui peutêtre curieux Sc nouveau à la plupart des lec-teurs, on jugera mieux de ! es inconvéniens.
Lorfqu’on veut lever l’anere,on fait faire à uncordage médiocrement gros , nommé Tour-nevire , deux tours fur le Cabestan ; Sc onjoint fes deux bouts ensemble, de façon qu’nncôté ne peut fe rouler , que l’autre ne se dé-roule. À ce tournevire est attaché, par lemoïen de petites cordes, qu’on appelle Gar-
eettes , le cable qui tire l’ancre, qui par fagrosseur ne peut s’entortiller fur le cilindre,ou fur le Cabefìan.
Des Matelots appuies fur les léviers, com-mencent à tourner. Ils attirent le tournevire,Sc par conséquent le cable qui y est attaché.Bien tôt les garcettes qui le tenoient, fonthors d’ufage. U faut faire de nouveaux nœuds ;arracher encore avec ces garcettes le tourne-vire, ou cable. Cette opération fe renouvelleassez , Sc que trop souvent, pour consommerun tems souvent précieux. Ce n’est pas làtout. Le grand inconvénient de cette manœu-vre est que le tournevire , en fe dévidant furle Cabestan , descend de toute fa grosseur, Scarrive au bout. Nouvelle besogne pour lesMatelots qui font obligés de rehausser , oude choquer ( c’est le terme ) le tournevire ,afin d’empêcher qu’il ne fe croise. Ici la ma-nœuvre cesse tout à fait. On lie de nouveauce cordage au cable; 8c cela ne fe peut fairequ’en dé virant le Cabestan , pour lâcher lecordage.
L’Académie Roïale des Sciences de Paristoujours occupée de Futilité publique , crutrendre un grand service aux Marins, en en-gageant les Savans à inventer quelque nou-veau Cabestan , ou quelque machine équiva-lente, qui parât ces inconvcniens. Elle le pro-posa en 1741 pour le prix qu’elle distribuetous les deux ans. Mais quoique les piecesqui ont été couronnées, renferment de très-bonnes choses , elle n’a pas dissimulé qu’onn'avoir pas touché , encore moins résolu , lepoint de la question. On rrouve dans le Re-cueil des Pièces de l’Académie .fur la meil-leure construction du Cabestan 4 Mémoires quiont été couronnes. Le premier est de M.Jean Bernoulli le Fils. L’Auteur du second nes’est point fait connoîcre. Le troisième est deM. le Marquis de Poleni Sc le quatrième deM. Ludot. A cesquatreMémoires 3 autres fontjoints, qui ont eu un Acccjstt. Et d’abordc’est celui de M. de Pointis ; ensuite celui deM. l’Abbé Fenel; le dernier de M. Delormede la Société Roïale de Lion. Les personnesqui savent que M. Jean Bernoulli pere , avoircomposé une piéce pour k prix , seront peut-être surprises de ne pas voir la piéce ici eu
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