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Tome premier.
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C H II

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on aura un poligone, dont l’aire contiendraitoutes les teintes qu’on peut former par lemélange de ces couleurs. La raison pour la-quelle les couleurs les plus vives Sc les plusclaires font préférables à celles qui le fontmoins, c’est parce que le noir ne broie pas fibien les couleurs que le blanc. De forte qu’ilest plus aisé de faire du clair obscur avec descouleurs claires tk du noir , que d’en frire declaires avec du blanc Sc du noir. Car le noirn’étant qu’une absence de lumière , ne faitqu’obfcurcir les couleurs. 11 est vrai que lenoir, dont on íe sert, les broie un peu,parce que la nature n’en fournit point deparfait, c’est-à-dire, qui ne réfléchisse pointde lumière du tour.

Ces principes souffriront cependant quel-que exception dans la pratique , à cause deLester que certaines couleurs produiront lesunes fur les autres, quand on viendra à lesmêler. Il est même possible que certaines cou-leurs obscures délaiées avec du blanc produi-sent une couleur plus claire Sc moins compo-sée qu’ellcs ne l’avoienr en particulier. Il peutencore arriver quelque différence plus consi-dérable par quelque fermentation chimi-que, ou par quelque raison physique. C'estaux Peintres à examiner ces différentes pro-priétés des couleurs matérielles.

Chromatique. Terme de Musique. Modula-tion qui procède par demi tons majeurs Scmineurs. Cette modulation a lieu routes lesfois qu’on altéré l’ordre Diatonique, ou na-turel d’un demi ton, en le haussant par desdiezes , ou en le baissant par des bémols.Le Chromatique , qui est un des trois genresde la Musique des Anciens, Sc le plus bel or-nement de celle des Modernes, a éié inven-té par Timothée , Milésien,du rems d ’A-lexandre le Grand. O11 dit que les Spartiates lechastercnr de leur ville, parce que fa Musiquefut jugée trop molle, trop tendre. Il est vraique le Chromatique , loríqu’on parcourt uneoctave par des demi tons mineurs, est très-tendre ; Sc fort triste, quand on procède pardes demi tons majeurs. Le Pere Pcrran ditque Chromatique signifie coloré, varié. Celapeut être; car on ne fauroit disconvenir quete genre de Musique n’embellisté le genreDiatonique par ces demi tons , qui fontdans la Musique le même effet que les cou-leurs dans un tableau. Ceci nous ramene auChromatique des couleurs. Tant il est vraiqu’une vérité fe manifeste toujours, quelquecachée qu’elle soir, lorfqu’elle existe. En fa-veur de cette conformité, que j’aiàcœur,jedonnerai le système Chromatique de M. Ra-meau , qu’on pourra comparer avec le sys-tème Chromatique des couleurs.

SYSTEME CHROMATIQUE.

Rapport des Proportions des Tons

I ons. exprimés par nombres.

Il y a d 'ut die^e à ut un femi-ton mineur ,

comme 14 à 25D 'ut dieqp à ré une femi-ton majeur, 15 à 1 6De re à mi bémol un femi-ton maxime, 25 à 27D&mibemol à mi un femi-ton mineur, 24 à 25De mi À fa un femi-ton majeur , 15 à 16

De fa à fa dieqe un femi-ton mineur, 24 à 2jDsfa die^c èej'ol un femi-ton maxime, 15 à 27De/ù/ àjòldieqe un fémi-ronmineur, 24 à ’yDe fol die^e à la un femi-ton majeur , iy à 16De la if bémol un femi-ton maxime , 2 y à 27Dzf bémol à Jì an femi-ton mineur, 24 à 25De Jì à ut un femi-ton majeur, 1 y à 16

Traité de l'Harmonie , par M. Rameau,page 28.

CHRONOLOGIE. Ce terme suivant son étymo-logie signifie le récit des choses, selon l’or-dre des rems ; & suivant les Mathématiciens,on entend par cemor la science de mesurer le-rems, & de le distinguer en ses parties. Maisqu’est-ce que le tems ; M. Wo/fAu que c’estl’ordre dans la succession des phénomènesqui arrivent dans ce monde; & qae l’idée dutems est renfermée dans l’ordre des percep-tions qui fe succèdent. Cette définition estcelle du tems par rapport à nous, c’est-à-dire,du tems tel que nous le voïons en quelquemaniéré. Eh , qu’il s’en faut bien qu’elle con-vienne au tems véritable, à ce tems qui 3précédé la création du monde, comme d ce-lui qui succédera à fa fin ! M. Weidler entendpar le mot de tems , l’intervalle formé par ladurée des choses de ce monde. M. Weidlern’est pas plus heureux que M. Wolf Au fondl’un & l'autre n’en disconviennent pas. M.Wolf même l’abandonne aux Métaphysiciens,& comme il a certe qualité, il renvoie à sonOntologie §. 571. Par-là le Géomètre faitvoir que la choie est défefperée par les Ma-thématiciens. Je souscris à son jugement , Scj’abandonne la définition.

Il paroît a fiez singulier, qu’on veuille me-surer le tems, fans qu’on puiffe dire ce quec’est. Si l’on s’arrêtoit précisément à ce ter-me, la Chronologie feroit une science peusolide & bien frivole. Aussi feroit-il ridiculede nous y arrêter. Que nous importe que lerems pris en lui-même soit connu ou inconnu ?Pourvu que nous fixions celui auquel nosPeres ont vécus, celui où nous vivons, Sccelui où nos neveux vivront, en faut-il da-vantage ? La religion à parc, tout le reste estétranger à l’homme ; & pour son usage il