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Tome premier.
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COL

cherent la proportion de ton pied à ion corps;qu’ils estimèrent comme 6 à i. On fit ainlila hauteur de la Colonne sextuple de sa gros-seur. De-là vint la Colonne Dorique , qu’onappella ainsi , parce qu’il avoir travaillé d’a-prèsl’idée de Dorusayx'x avoir construit le pre-mier temple.

Vitruve , qui patle ainsi de l'origine de; pro-portions des Colonnes t ajoute que les mêmesArchitectes, aïant voulu ensuite construire unTemple à Diane , voulurent rencherir sur leTemple précédent dtl côté de la délicateíle &del’élégance. Le corps de l’homme n’ótoit gué-res propre à remplir cet objet, celui d’unefemme te présenta naturellement;& tans autrefaçon , on se contenta de rendre la Colonneplus menue. A u lieu de donner à Ion dia-mètre la sixième partie de fa hauteur, ils luien donnerent la 8 e .

Juscjues-là les Colonnes n’étoient gueres quedescilindres un peu plus larges par le bas quepat le haut. Cette uniformité fit peine. Et com-me les femmes écoient les modèles qu’on avoirchoisis, un Architecte, pour orner les Colon-nes , voulut les friser, si on peut parler ainsi,de même que leur modèle. Les frisons dubeau sexe 5c les boucles de leurs cheveux su-rent imitées par des moulures ; car les mou-lures , qui prirent de là origine , figuraient,selon eux, un rang de boucles. Que cetteidée soit grotesque ou ridicule : on lui doittoujours le premier ornement des Colonnes.Ce même ornement parut bientôt en bas dela Colonne , 8c ce qu’il y a de plus singulierdans son origine, c’est que, selon Vitruve ,( je n'oserais l’avouer sans caution, ) on vou-lut imiter par-là la chaussure des femmes. L’i-dée de ce (exe revenant toujours, on fit descannelures aux Colonnes , pour imiter le plide leurs robes.

C’est ainsi que les Colonnes se perfection-nèrent. On renchérit encore beaucoup p ar-de (su s. Les uns, c’étoient encore des Archi-tectes Ioniens, donnerent à la hauteur de laColonne 8 & 5 de son diamètre, & appelle-rent cette Colonne , Colonne Ionique. J’ai déjaparlé de l’origine des Chapiteaux. A l’Arti-cle de ce terme, je donne celle du ChapiteauCorinthien; d’où vint la Colonne Corinthien-ne , qu’on doit à Callimaque. Les Grecs n’a-voient inventé que trois sottes de Colonnes.Les Romains en ajoûterent deux, la Toscane&c la Composite , qui ne diffèrent pas beau-coup des autres. La Colonne Toscane n’estquela Colonne Dorique simplifiée 8c rendue plusforte par le su st; & la Composte un mélangede la Corinthienne 8c de bionique.

Aïant ainsi fait l’histoire des Colonnes , jeviens à leurs dimensions, qu i.doivent les faire

connoîrre. La Colonne Toscane, A B C I),( Blanche XLIX. Figure 6 1. ) dont B C est lefust, A B le chapiteau, C B la base, a 7 dia-mètres de longueur y compris la base 8c lechapiteau. La Colonne Dorique , qu’on distin-gue de la Toscane par les moulures qui fonten plus grand nombre à son chapiteau 8cà sa base, a 8 diamètres de longueur. La Co-lonne Ionique a 9 diamètres, Sc son chapi-teau est orné de volutes V, V. C’est principa-lement par ces volutes qu’on la distingue desautres. ( Voie{ VOLUTE. ) Elle a aussi unebaie qui lui est particulière. ( Foïe^ BASE. )Pour la Colonne Corinthienne , on peur direqu’elle est le chef-d’œuvre des Colonnes. Salongueur est de 10 diamètres. Deux rangs defeuillages, d’où sortent deux petites tiges ,qui se terminent en volutes, relevent, 8cdécorent son chapiteau C, C. Enfin la Co-lonne Composte a la même longueur que laCorinthienne. Son chapiteau est presque sem-blable au Corinthien. Seulement ses volutesfont purement Ioniques. De toutes ces Co-lonnes laToscaneest essentiellement uniforme.Les autres, on peut les canneler, comme el-les font représentées dans leurs figures parti-culières. ( On trouvera la figure de ces Co-lonnes à leur Article.

J’ai dit que la premiere idée des Colonnesvenoit des arbres qui soutenoienr les pre-mières habitations. Or ces arbres font plusgros par le bas. Et si l’on veut, à l’exemplcde quelques Architectes , ramener à cetteidée le goût de leur forme, nous pouvonsdire que de-là vient le renflement des Colon-nes du côté de leur base. Mais ce qui ne dé-pend pas entierement du goût pris en lui-même , c’est la valeur de la diminution. Engénéral on convient que les Colonnes doi-vent être diminuées au tiers de la hauteur ,8c que plus leur diminution est insensible ,plus agréablement elles flattent la vûe.Fignole a voulu néanmoins prescrire des ré-glés pour cela. On les trouve dans le CoursdlArchitecture de Daviler, Tom. 1 , auxquel-les cet Auteur en a ajoûté d’autres. M. Êlon-del s’est servi avec succès d’un instrumentpour la diminution des Colonnes, qui est au-dessus de toutes les méthodes : c’est celuiàom Nicomede a fait usage, pour décrire saConchoïde.s Foie^ CONCHOIDE. ) Au resteFignole est le premier qui ait donné desréglés pour le renflement des Colonnes. ( FoieçDIMINUTION. )

On ne connoît dans l’Archirecture Civileque les Colonnes Toscane, Dorique , Ioni-que , Corinthienne, 8c Composite. C’est pour-uoi je ne parlerai point des Colonnesà bandes,es Symboliques , des Milliaires , des liojira-