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duisit tellement les Géomètres, qú’on le crutvéritablement certain. 11 n’étoit cependantrien moins que tel. M. Hughens , Mathéma-ticien à la rigueur , résista à tout le brillantdont l’exposition du Chevalier Renau étoitrevêtue. Après un examen sérieux de ce‘principe, ce Savant prouva que ce n’étoitpoint suivant cette proportion qu’on de-voir déterminer la Dér/ve,- Lc qu'avant tout ilfalloitavoir égard àl’impulsiondistérenrequereçoit du vent le corps du vaisseau , Sc prin-cipalement par le côté. ( Biblioth. Univers.Mois de Septembre 1693.)
Il y avoir de la vérité dans cette objec-tion : mais cette vérité ne perça pas à tra-vers un préjugé général en laveur du Che-valier Renau. Ainsi les meilleures raisonssoutenues de route l’autorité de M. Hu-ghens ne furent pas bien reçues. Une ré-ponse du Chevalier Renau inférée dans leJournal des Savans , dissipa l’inquiétudequ’auroit dù produire dans l’efprit des par-tisans de cet Auteur l’objection de M. Hu-ghens. Les Mathématiciens les plus indui-sions surent neutres. Dans cette incertitude ,% Marquis de XHôpital fit part à M. JeanBernoulli de certe dispute, & des raisonspour Sc contre, qui la foutenoienr. Sur lerapport du Marquis , M. Bernoulli donnagain de cause au Chevalier Renau. Aprèsce jugement, la dispute s’éteignit ; & M.Hughens mourut. Un Ecrit, publié cepen-dant par M. Hughens peu de rems avantfa mort, donna lieu à un Mémoire intitu-le.: Mémoire ort est démontré un Principe dela Mécanique des Liqueurs , dont on s'efiser-vi dans la Manœuvre des Vaisseaux , & quia ete conteflé par M. Hughens. Paris 171 z.par le Chevalier Renau Sc ce Mémoireest lcpoquedela chiite de son principe, oupour parler plus véridiquement, de celuid u P. Pardies.
Quelqu’un dit à M. Bernoulli que le Che-valier Renau préparoit une nouvelle édi-tion de la Théorie de la Manœuvre. Cettenouvelle piqua la curiosité de M. Bernoullilur cette théorie. Il chercha à s’en procu-rer un Exemplaire , Sc s’en procura un.Avide de le parcourir, il le parcourut, lelut , l'étudia même au point qu’il trouvabien à rabbattre du jugement qu’il avoitporté 20 ans auparavant, c’est à dire , dansla naissance de la dispute. Ce n’étoit plusfur le rapport d’autrui qu’il jugeoit, ouqu’il voioit : c’étoit fous le sien, Sc par sespropres yeux. Il reconnut fa méprisé, &muni de bonnes démonstrations, il con-damna le Chevalier Renau. Sur ces entre-faites, celui-ci lui enyoia son Mémoire, en
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le priant de l’examiner, Sc d’en porter son.jugement fans nul autre égard que pour lamérité. Sa priere fut exaucée. M. Bernoulli ,en lui annonçant la réception de ce Mé-moire , lui annonça la condamnation des prin-cipes qu’il y soutenoit. L’Ingénieur de la Ma-rine répondit; St M. Bernoulli répliqua. Lepréjugé étoit si grand chez le Chevalier Re-nau , qu’il ne sentit pas la force des dé-monstrations de son nouvel adversaire : il sedéfendit, Sc mourut dans son erreur. Ainsise termina cette célébré dispute. Il est dé-montré aujourd’hui , que pour déterminersangle de la Dérive , il faut faire J'a tan-gente moienne proportionnelle entre la tan-gente de f angle que fait la quille avec la dia-gonale du parallelograme ( des forces de seaufur le corps du navire, ) & la tangente de l'an-gle de la quille de la ligne de la force mou-vante , ou du ccmplement de l'angle que faitla ligne de la quille avec la voile. {Essai d'uneNouvelle Théorie de la Manoeuvre d:s Vais-seaux. Par M. Bernoulli. )
Ceci sert bien moins à connoître la Dé-rive , qu’à déterminer la situation la plusavantageuse de la Voile. ( Voie[ MANOEU-VRE. ) Dans la pratique cette voie est im-possible. Les Marins prennent la Dérived’une façon toute mécanique. Ils mesurentavec un compas de variation ( Voier COM-PAS.) sangle formé par la ligne de la routeSc de la quille, en bornoïant sur ces deuxlignes, & en remarquant les dégrés quedonne l’écart du bornoïement, comme celas’en te n d assez.
3. Les vaisseaux ne sont pas les seuls corpsqui soient sujets à la Dérive. Si l’on en croitM. Bernoulli , les planètes ont ur.e Dérive.C’est du moins par la Dérive qu’il rend rai-son de l'inclinaison des orbites des planè-tes. Il faut supposer à cette fin que la pla-nète nage dans un tourbillon ; Sc M. Ber-noulli le suppose. Del à il suit que les pla-nètes , qui n’ont pas la forme d’une sphereexacte, doivent éprouver dans leur mouve-ment deux résistances, d’où doit résulter unerésistance moienne , c’est - à - dire, une résis-tance qui partage les efforts de la matière dutourbillon fur les inégalités du corps de laplanète. Et voilà justement la cause de saDcrive plus ou moins grande, selon que lerapport de ces inégalités est plus ou moinssensible. Ne nous prestons pas de tirer au-cune conséquence. Il est une observation àfaire : c’est qu’il peut arriver que, quoiquela figure dune planète ne suc pas sphéri-que, elle ne dérivât point. Il suffit pour celaque la planète ait ion axe de rotation perpen-diculairement érigé sur lc plan de l’équateur