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Deuxieme partie.
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Le Ca it aise isleu (Carabtis cyaneus, de Linné ) est long de quatorze lignes,il est aptère, c’est-à-dire sans ailes, comme le précédent; son corps est ovahallongé, un peu aplati, et bleu en dessus. Le bord du corselet et des élytresestviolet ; le corselet est un peu en forme de cœur, et porte un sillon le long de sonmilieu; les élytres ont des points embrouillés et rugueux, avec trois rangs depoints élevés, oblongs, peu apparents ; la tête et le dessous du corps sont nous.Cette espèce est plus rare aux environs de Paris que la précédente.

Le Cahabe sycopijante ( Carabus sijcophama, de Linné) est une belleespèce dont le corselet est ovale transversalement, et l’abdomen presque carre ,sa longueur est de douze à seize lignes; elle a le dessous du corps, la tête et lecorselet d’un noir bleuâtre ; les bords du corselet sont verdâtres; les élyt>' essont chargées de stries fines, et marquées chacune de trois séries de pointsenfoncés, à peine sensibles ; leur couleur est d’un vert doré, avec des reflets cui-vreux vers le bord externe; les pattes sont noires. — La larve de cette especese nourrit de Chenilles ; elle s’introduit dans les nids des Processionnaires, aveclesquelles elle a quelque ressemblance (de là le nom ironique de Sycophnnle,que Linné lui a donné), et elle en dévore une quantité prodigieuse. Ecoutons ace sujet le célèbre observateur Réaumur, dont nous vous parlerons bientôt :

« Un des ennemis les plus redoutables pour les Chenilles, dit-il, est un V e1 'noir qui a seulement six jambes écailleuses, attachées aux trois premiers an-neaux. Il devient aussi long et plus gros qu’une Chenille de médiocre gran-deur. Le dessous du corps est d’un beau noir lustré ; il semble que ses anneauxsoient écailleux ou crustacés ; il porte deux pinces excellentes ( mandibules)recourbées en croissant, l’une vers l’autre, avec lesquelles il a bientôt percé leventre d’une Chenille; car c’est ordinairement par le ventre qu’il les attaque-La Chenille qu’il a une fois percée a beau se donner du mouvement, s’agiter,se tourmenter, marcher, il ne l’abandonne (tas qu’il ne l’ait entièrement man-gée. La plus grosse Chenille suffit à peine pour le nourrir un jour; il en tue etil en mange plusieurs dans la même journée, quand il les trouve. Ces Vers glou-tons savent se placer à merveille pour que la proie ne leur manque pas; ilssavent trouver le nid des Processionnaires, et s’y établir. Il ne m’est guère ar-rivé de défaire un nid de ces Chenilles où je n’aie rencontré quelques Vers decette espèce; et souvent j y en ai trouvé cinq à six. Là, ils peuvent assurémentmanger autant qu’ils veulent. Il n’y a pas de jour apparemment où chacun d’euxne fasse périr un bon nombre de ces Chenilles ou de leurs chrysalides; car ilscontinuent à se tenir dans les nids des Processionnaires, après qu’elles se sonttransformées. Ce Ver n’est pas en tout temps précisément de même cou-leur : le temps où il paraît d’un plus beau noir est celui où il a besoin de man-ger, ou au moins celui où il ne s’est pas rassasié à son gré. Quand il a bienmangé, quand il s est pour ainsi dire trop guédé, ce qui lui arrive souvent, sapeau devient tendue, les anneaux sont déboîtés, et laissent, voir du brun sur lecorps et du blanc sur les côtés. A force de manger, il se met quelquefois dansun état où sa peau paraît près de crever; il semble presque étouffer. Aussi, quoi-qu'ils soient vifs et farouches dans d’autres temps, ils se laissent [(rendre alorset manier connue s’ils étaient morts; et j’ai souvent cru qu’ils l’étaient, ou aumoins qu'ils étaient mourants. Mais quand leur digestion était avancée, ils coin-