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Deux cens Uvres de terre sechée aïant étéenfermées dans un coffre capable de la con-tenir , ce Physicien y planta un saule de 5livres. Ce coffre fut ensuite couvert d’unmorceau d’étain percé de plusieurs trous.Au travers de ces trous M. Valternant arro-soir le saule.' Cet arbre aïant été arraché 5années après , il pesa avec toutes ses feuil-les 169 íiv. 3 onces-, Sc la diminution dupoids de la terre ne monta qu’d 1 onces.Dans le poids de cet arbre , celui des feuillesqu’il avoir jettées dans les quatre automnesn’est point compris. (Voïez Phys. Théologie deDirham ) Niewentit , Newton Sc Hook ,prétendent aussi que l 'Eau fe change en terrepar les distillations.
€>. Jusqu’ici Y Eau a paru dérober ses proprié-tés aux recherches des Physiciens. En revan-che en voici une qui fe manifeste d’unefaçon bien palpable : c’est fa force prodi-gieuse que les Artistes savent bien emploïerpour de grands efforts , Sc cela fort adroite-ment.Quipourroit séparer une meule de rochetoute taillée, sans l’endommager & fansagir ! La chose semble chimérique. Etbien les Tailleurs de pierre enfoncent des,chevilles de bois, qu’ilsont bien fait sécher,dans des trous pratiqués dans ces meules.Après cela , ils mouillent ces chevilles Sctout est fait. L ’Eau pénétre ces chevilles ;elles les gonfle, Sc par ce gonflement lameule fe trouve séparée dans peu de tems.Une corde feche, quand on l’humecte, sou-levé un poids quel qu’il soir. L’histoire enest connue, borique Sixte V. fit élever legrand Obélisque du Vatican, son poidsénorme causa un accident,'qui effraïa beau-coup. Il allongea les cables & sortit un peude fa base. Fontana conseilla de les mouil-ler. Le conseil éroit bon : il fut suivi. Etpeu de tems après les cordes aufquelleséroit attachée cer Obélisque , fe raccourcirent Sc redressèrent cette masse énorme ,dans la situation qu’on la voit à présent.Voilà un phénomène merveilleux , dont iln’est pas aisé de rendre raison.
i 5 . M. de la Elire prétend que c’est lapression de l’atmofphere de la corde , quiétant supérieure à ces poids oblige ['Eaude dilater les petits vuides de la corde,lesquels,en fe dilatant, tâchent de prendre la figurecirculaire Sc raccourcilíent en même-temsla corde en la gonflant. Avec tout le respectqu’on doit à un aussi grand homme que M.de la Hire, on peut dire que c’est là unemauvaise raison. L’atmofphere de la corde11 est pas d’une pesanteur bien considérable :on la détermine quand on veut. ( Voie{ AT-MOSPHERE. ) Concluons donc que cette
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explication n’est pas recevable.
2 0 . La seconde opinion est celle-ci : Unemaûere subtile,qui n’est pas l’air,presse Y EauSc .a fait entrer. Quelle conjecture ! Si cettemadere est si subtile , pourquoi ne remplira-t-elle pas oes petits espaces que Y Eau doitoccuper ì D’ailleurs , quiest-ce qui l’obligerade pouffer Y Eau ì Sec.
3 0 . Ceux,qui supposent, en troisième lieu,une force dans la corde qui attire les partiesde Y Eau avec plus de violence que le poidsne rire la corde , ne méritent pas qu’on leurréponde , tant leur raison est ridicule. Lequatrième sentiment est plus sensé que lesautres.
. 4°. On dit qu’il arrive une raréfactionprodigieuse dans l’intérieur de la corde,lorsque Y Eau entre dans ces petits espacerSc qu’ainsi elle doit fe raccourcir. Mettonscela plus au jour. La corde , comme on fait,est combustible. Elle renferme donc unematière inflammable ou du feu dans fespores , qui ne fe manifeste que lorfqu’il feréunit. Or les particules de Y Eau étant pluspéfantes que celles du feu, Sc que le peud’air qu’il peut y avoir dans les pores & lesinterstices de la corde , elles chassent la ma-tière ignée vers le centre. Les particules dufeu fe trouvent de cette façon réunies peu àpeu. Elles acquièrent par-là de la force , feraréfient, Sc raréfient l’air cn même-tems. Decette raréfaction résulte une dilatation, Sc dela dilatation le gonflement & le raccourcis-sement.
II y a quelque chose dans ce sentiment.Mais en vérité, si l’on me demandoit ce quej’en pense, je n’hésiterois pas de répondre »qu’il est trop systématique. Il me paroi t, Scbien plus simple & plus naturel de croire queles particules A’Eau, en s’infinuant dan s lesfibres de la corde , obligent ces fibres de fedilater j Sc ils ne peuvent fe dilater fausseraccourcir. On ne doit point être étonné dece que les particules font ici plus que lamasse la plus lourde. Ce n’est point toutd’un coup que cet effet fe produit. Les par-ticules A'Eau s’insinuent l’une après l’autre ;& l'efsort est tout-à-fait décomposé. Unepasse , puis une autre Sc ainsi successivementl’Adtts’imbibe Sc la corde fe raccourcit. Riende plus conforme à la Mécanique, ce qu’ongagne en force , on le perd en rems.
Voici encore une force que YEau a. Sil’on frappe avec la main fur la surface deYEau, on sent un coup comme si l’on frap-poit fur une pierre. Et lorfqu’on tire obli-uement dans YEau un coup de fusil chargée baies de plomb » ces baies s’applatissentdu côté où elles frappent YEau. Une forte