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Tome premier.
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322
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z r. r. E L A

En supposant une matière subtile, & quecette matière soit élastique, M. Mujchenbroeckdemande encore quelle peut être la cauie deson Elasticité. Cette cause est-elle encoreune matière subtile qui seroit auslì élastique îErquicausel\£/<7/fo«edecettederniere? ainsià l’infini. En effet, cette supposition est bienlegere. Puisqu’on veut qu’il y ait une ma-tière élastique , il seroit bien plus simple depenser que cette matière est le corps mêmeélajlique. A l’égard de la preuve, on peutrépondre qu’il est faux que les parties ducorps recourbé soient en repos. Si ces partiesne font point dans leur propre état, ellesfont en mouvement, puifqu’elles travaillentà reprendre leur état naturel.

Dans le quatrième système de Y Elasti-cité , on suppose que les corps élastiques fontcomposés de petites parties, dont chacuneest douée d une force élastique. On ajoute ,que les pores qui font entre ces parties, fontremplis de petits tourbillons ; qu’il s’en trou-ve un ou plusieurs dans chaque pore, &c queces tourbillons tournant continuellement,pressent, par leur force centrifuge, les partiessolides des corps les uns contre les autres.Par-là» ces tourbillons font la cause Sc dela solidité & de Y Elasticité des corps.

N’est-il pas visible , s’écrie M. Aíufchenbroeck , que tout ceci n’est qu’une pure chi-mère ,qui tombe d’elle-même , si l’on deman-de quelque preuve r N’est-ce pas pouffer lessuppositions de Destcanes jusques à l’extra-vagance? Il est étonnant qu’un si grandhomme que le P. Malebranche , ait adopté ceiistême.

Enfin , la derniere explication de l’E-lasticité paroît la plus vraisemblable ; cax jen’oserois la qualifier autrement. Il ne fautplus recourir à aucune hypothele. La forcerépulsive des particulesdes corps sustît pour lacause de Y Elajlicité. Quand on comprime uncorps élastique , ses pores se retrecilsent Scdeviennent plus étroits j de forte qu'alorsplusieurs particules, qui étoient auparavant àquelque distance l’une de l’autre , le rappro-chent de la sphere de leur répulsion récipro-que; St cette répulsion devient d'autant plusforte que la compression augmente , c’est-à-dire , que les parties se rapprochent davan-tage les unes des autres. C’est pourquoiquand les pores d’un corps font fort grands,ce corps peut souffrir compression sans re-cevoir beaucoup d 'Elasticité. De-lá vient queY Elasticité des métaux augmente quand onforge. Plus on les«bat, plus ils deviennentélastiques. L’acier trempe est beaucoup plus-élast qu-e que celui qui ne Test pas : il estaustì beaucoup plus compacte. M. Mufchen-

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broeck a trouvé que la pesanteur de l’acíertrempé est à celle de l’acier qui ncl'est pas,comme 7809 à 7738. Outre ces preuves,celle qu’on peut tirer du froid est encorebien forte. On remarque que plus les corpsfont froids & plus ils font élastiques j parceque leurs parties font plus compactes, plusserrées. Enfin, pour dernier trait, M. Aew-ton démontre, que des particules,qui se fuientmutuellement , avec des forces réciproque-ment proportionnelles aux distances de leurcentre , composent un fluide élastique, dontla densité est proportionnelle à la compres-sion. Ph. nat. Princip. Mathem. L. 11 . pa-ge i$. Si dans cet article je n’ai pas parléde Y Elajlicité de l’air , c’est qne j’ai cru endevoir faire mention dans un autre. Eofí/AIR.& COMPRESSION.

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ELECTRICITE’. Propriété que certains corpsont d’attirer & de repousser alternativementd’autres corps qu’on leur oppose. Cette dé-finition n’est qu’impatfaitement celle de YE-leclricité: je le lens bien. Il seroit bien diffi-cile cependant d’en donner une autre,quoi-que cdle-là soit usée. Je m’y borne fautede mieux ; Sc je crois devoir le faire, parcsquelle con serve l’idée ou qu’elle ém ane de l’o-riginede la découverte de cette propriété sin-gulière. Le premier corps qu’on ait reconnuélectrique, c’est l’ambre. A peine cette re-connoissince fut faite qu’on s'empressa del’approfondir , Sc d’en faire un lujer de Phy-sique expérimentale. Pour cela il falloir dési-gner cette propriété par quelque nom. Lemot Ambre y parut peu propre. Sa signifi-cation en latin qui est Eleclrum plut davan-tage. On la saisit ; & on en tira le mot d’E-leÚricité. Ce terme, qui est tout françois ,semble annoncer une origine moderne.Cependant la découverte de la vertu del’ambre tient à l’antiquité la plus reculée.On fait que Thaïes en étoit si surpris » qu’ilcroioit que l’ambre étoit animé. Pline nousapprend ( Hist. nat. LXXXf^II. Ch. 2. )que les femmes de Syrie la connoiíloient avantThaïes, & l’appelloient Harpapa, c’est-à-dire,attirant avec force. Je dis les femmes , parcequelles en faifoient particulièrement usage.Elless’en fervoient en guise dégrafes pourleurs cheveux. Quelqu’un, qui voudroit fairefa cour au beau sexe, concluroitvite de-làque c’est à lui qu’on doit Y Electricité. Je n "em-pêche pas unPhylicien galant debâtir là-dessisquelques systèmes ou fades ou ingénieux.Pour moi je préféré de mettre fous les* yeuxdu Lecteur des vérités solides plutôt que desconjectures même vrailemblables.Je dirai donc