Band 
Tome premier.
Seite
400
JPEG-Download
 

15 à 1(5 de large , il enfonce de gros piliersassez élevés pour que les planches, qui arrê-tent l’eau, puissent monter & descendre dansdescréneaux- On coupe ensuire les piloris furlesquels on étend un bois fortqu’on affermiten même-tems entre les piles , Sc qui avecla surface est au niveau du fond du canal.

Vers le réservoir à travers de la digue, despilotis font enfoncés à 3,35, àq pieds dedistance les uns des autres, suivant que lecourant de l'eau est rapide , en proportion-nant leur longueur à la qualité du fond. Lerang extrême de ces pilotis, étant coupé en-viron à deux pieds plus bas que ne doitêtre le fond du canal, est destiné à porterdes solives, Sc fur l’autre rang , tenu à lahauteur des solives , on place des traversinesqu’on charge de solives , chargées elles-mêrnes d’autres pieces le tout destiné à por-ter de grandes poutres pour former les parois du canal. Enfin on cloue fur les pou-tres , Sc des deux côtés aux parois , desplanches bien jointes enduites d’étc-upes Scde goudron, Sc couvertes fur les jointures delinteaux.

FONTAINE. Amas d’eau vive sortant de terre,eçu par un bassin naturel ou artificiel. Quoi-que le mot de Fontaine- ne soit pas un termede Physique encore moins de Mathémati-que , cependant l’origine des Fontaines étantun problème qui a exercé presque tous lesPhysiciens, leur opinion doit être détailléedans un Ouvrage où j’ai promis de discuterle sentiment des plus célébrés Auteurs furchaque matière.

Le premier , qui a essaie ses forces fur lasolution de ce problème, est Platon. Aprèsavoir supposé la terre divisée en deux par-ties , une qu’il appelle haute Sc l’autrebaffe , ce Physicien prétend qu’il y a danscette derniere partie plusieurs concavitéscirculaires, celles-ci grandes Sc profondes,celles-là petites Sc peu creusées. Ces cavitésfont pleines d’une certaine quantité d’eau ,soit froide soit chaude , & fournissentainsi de l’eau aux Fontaines. Par un mouve-ment de balancement attribué à la terre,l’eau contenue dans les grandes concavitéss’épanche dans les petites, qui ne pouvantla contenir enfierement, la laide échapperpar différentes sorties : c’est ce qui forme lesFontaines.

Comme les Fontaines tariroient après quecette eau feroit répandue fur la surface dela terre , Platon suppose une grande ouver-ture à la terre ; ouverture nommée par lesPoetes Sc sur tout par Hotnere le Tartare ,d^ns laquelle tous les fleuves viennent se

F O N

retndre. Mais qui est-ce qui les détermine ise «décharger ainsi dans le tartare ; C’est queles eaux des fleuves Sc des rivières n’ont nifonds ni fondement : premiere cause de leurflo,ration Sc en haut Sc en bas. En secondlietu, elles y font poussées par Pair & levent, Le par une respiration continuelle de1 air qu’atrribue Platon h. cetélemenr, fem-blarble à celle des animaux. Enfin lorsque ceseaux en coulant s’arrêtent en différens lieux»ell es forment des lacs , des mers, des fleu-ves Sc des Fontaines , d’où elles se rendenta u tartare par divers chemins. ( Foïe^ leDialogue de Phccdon , par Platon. )z. Le sentiment de Platon sut l’origine desFontaines étoit trop ridicule , si l’on peutdonner cette épithere à l’idée de cet homme,plus grand Philosophe que bon Phvsicien ,pour faire fortune; il échoua en quelque ma-niéré en naissant. Arijlote son dikiple ensentit toute la foibleffe, & comprit en même-tems toute la difficulté de cette question,Auflì ne proposa-t-il que des conjectures. Lapremiere est, que les pluies de l’hyver, s’é-tant amassées dans la terre en quelques en-droits spacieux sont élevées par les raïonsdu soleil , jusques au sommet des monta-gnes, d’oùelles sortent parles ouvertures dessources qui forment les Fontaines , toujoursplus fortes en hyver qu’en été , Sc quelque-fois arides dans ce rems , suivant la capacitéde ces réservoirs souterrains.

Cette explication n’est pas celle qu’adopteArijlote ; car il l’improuve entierement. Sil’eau , dit-il, que les Fontaines Sc les rivièresrendent pendant une année étoit ramassée,elle formeroit un volume plus grand enquantité Sc en masse que toute la terre. Con-tent de cette objection , Aristote fe persuadeque certe premiere conjecture n’est pointadmissible. Il propose donc celle-ci. Les Fon-taines font produites de Pair condensé Scrésolu en eau dans les cavernes de la terrepar le froid continuel est"Aristote y fuppôfe.Et comme les vapeurs qu’attire le soleil seconvertissent en humidité, dont les partiesfe joignant les unes aux autres, font desgoûtes d’eau qui tombent en pluïe , de mê-me les vapeurs de la terre, pouvant être réso-lues en humidité par le froid , font des goû-tes d’eau qui s’uniílent ensemble, coulentensuite & deviennent des Fontaines. Lapreuve que donne Aristote de son explica-tion , est qu’il y a des Fontaines au piedde touies les montagnes , d’autant plus gros-ses que les montagnes font grandes. Charméde oet:e idée, il fe donne la peine ( pourl’appu'er) de faire une énumération assez

particuliers