je remplirai cet article du système singulier deS câliner.
Suivant ce célébré Auteur la terre étoit aucommencement du monde toute ronde,couverte 8c environnée d’eau par tout éga-lement 8c l’eau environnée d’air. Les lieuxoù étoient ces élemens étoient leurs lieuxpropres. Les choses ainsi placées, Dieu creu-sa, dit il, la terre pour y faire revenir lamer , Sc de ce qu’il en ôta il en fit des mon-tagnes. Or comme dans ces montagnes , il yavoir des cavités & des cavernes , í’eau , quiauparavant environnoit la terre par-rout,fut contrainte de s’élever fur ces montagnes,tant pour leur faire place que pour repren-dre son état naturel. Malgré ses efforts, setrouvant arrêtée 8c élevée au-dessus de sonpropre lieu , elle commença à peser sur laterre, & à se faire jour par ce même poidsau travers les ouvertures 8c les canaux qui seprefenterent ; fit couler par ce même poidsles sources à l’embouchure defquelles elleétoit parvenue, 8c finalement forma lesFontaines.
L’exposition de ce système peut bien sup-pléer à des réflexions. Il faut le regardercomme une idée spirituelle 8c s’en tenir-là.
S. Après avoir détaillé & réfuté les fentimensprccédens fur le sujet qui nous occupe ,Cardan en fait un composé , 8c si j’ofe tran-cher le mo t, un pot pourri, en disant quele» Fontaines viennent de toutes ces causesensemble. Il ajoute pourtant que l’eau despluies les augmentent;que les roséesdu ma-tin en été, 8c les bruines en hyver y contri-buent aussi ; & il donne pour preuve uneremarque qui est vraie : c'est que les sourcesfont plus foibles le soir que le matin , diffé-rence très-sensible au printems 8c dans l’au-tomne.
Cette explication , toute générale quelleest , a été adoptée avec quelques petitesrestrictions, additions 8c corrections, par Jac-ques W. Dobr^en^ki de Nigro Ponte , Bohé-mien , ( De la Philosophie touchant le géniedes Fontaines, imprime àFerrare en 1657 .)
9 . J’ai vû peu de systèmes plus embrouillésque celui que M. de Vtllemontexpose fut l’o-rigine des /ontaines dans ses Principes inouïsde Phyfique. 11 entre dans un détail si grandqu’on est tout étourdi , quand on en voit lesconséquences. Il commence à considérer laterre telle qu’elle est, dit-il , avec un tonphilosophique , c’est à dire , ici noire , lágrise , ailleurs couverte de prairies 8c de ter-res labourables, 8c la décompose avec cesregards en autant d’aspects qp’elle en offre,ou peut en offrir aux yeux du Physicien.
Tout cela ainsi diversifié 8c si différent n’est
F O M
pas, selon M, Vaìlcmont , Tclement de faterre, mais ses productions. Ce n’est pas unpérit ouvrage que de démêler cet élement.Ici ce Physicien creuse profondément dansla terre , 8c après avoir trouvé beaucoup detartre , puis du fable , ensuite des pierres, ilparvient enfin avec un grand travail à unfable pur 8c net, qui n’a aucune qualité.Arrivé là, voilà, dit-il, le fond de la nature >voilà 1 clément propre de la terre , la vraieterre, exempte de tous changemens ; uncrible merveilleux , un filtre admirable , parlequel la nature coule 8c passe les trésorsinépuisables de les claires & nettes eaux pour1’ufage de TUnivers.
L’éloge de ce fable n’est pas fini. Unevertu , que M. Vallemont lui attribue, lelui rend plus cher ou plus précieux que Tormême. Cette vertu qu’il qualifie de vivi-fiante pour les eaux, est telle que les eauxs’y arrêtent, 8c qu’elles y font affranchies desloix de situation haute ou baffe. En fortequ’elles ont un mouvement indifférent pourtoutes les parties de ce fable; ce qu’elles per-dent aussi - tôt qu’elles en font sorties.Alors elles font obligées de couler , jusquesà ce qu’elles se soient rendues dans la meroù elles demeurent en repos. Cette vertu sup-posée, l’eau monte fans autre agent.En descen-dant elle forme les Fontaines , aux endroitsoùfe trouve le fable & d’où elle s’écnappe.
Comme les Fontaines , les rivières, &c. tari-roient bien-tôt si cette eau venue dans lamer n'en fortoit, M. Vallemont s en t qu’elleen pénétre le fond, pour regagner le sa-ble pur 8c pour remplir la place de celle
? [ui en est sortie. En íe filtrant elle perd toutea salure & son amertume , 8c reprend dansle fable vivifiant la même qualité qu’elle avoirdéja.
M. Perrault dit, que M. Gassendi a eu lamême pensée que M. de Vallemont , quandau fond ; car pour tout le détail on sait qu’iln’appartient qu’à ce dernier Physicien dedonner Teffort à son imagination pour tousles systèmes occultes.
10 . Il y a peu de choses à dire fur le senti-ment de Lydiat Académicien Anglois. Ilattribue tout uniment Torigine des Fontai-nes aux eaux de la mer qui (e filtrent par di-vers canaux, veines & ouvertures qui fontfous la terre. 11 s’appnïe là-dessus fur cesparoles d u sage dans TEcriture sainte : LesFleuves f ou les Fontaines ) viennent de lamer & y reviennent. Quanta la maniéré doncl’eau parvient au' sommet des montagnes,c’est à la chaleur, selon lui, qu’il faut s’enprendre, non pas à la chaleur du soleil,corqiue le veut Aristote, encore moins à la