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Tome premier.
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DE Mr. LEIBNITZ. i6i

Monas est un mot Grec, qui signifiel’unité, ce qui est un: les substancescomposées ou les Corps,font les mul-titudes: & les substances simples, au-trement les Vies, les Ames, les Es-prits, font des unités. II y a partoutdes substances simples, parce que fansles substances simples, il n’y en auroitpoint de composées ; & par conséquenttoute la Nature est pleine de vie.

Les Monades , ces substances sim-ples , indivisibles , indépendantes detoute autre chose créée ou concrète,& qui peuvent dire Moi, reçoivent,des lieux oh elles son t, des impressionsde tout l’Univers ; mais des impres-sions confuses, à cause de leur multi-tude. Chaque Monade est un miroirvivant, ou doué d’action interne, re-présentatif de l’Univers suivant sonpoint de vue, & aussi réglé que l’Uni-vers même. Par-là il expliquoit l’ori-gine des perceptions; une Monade estd’autant plus parfaite , qu’elle a desperceptions plus distinctes. Ainsi ilpofoit une infinité de degrés dans lesMonades, les unes dominant plus oumoins fur les autres; car il établissoicqu’il y a dans l’Ame raisonnable oul’Esprit, quelque chose de plus quedans les Monades ou dans les simplesAmes : Que l’Ame raisonnable n’estpas feulement un miroir de TUnivers(l) des