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Tome premier.
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PREFACE. 297

jnettre à la Providence, ce qui a lieuproprement, quand on a satisfait à sondevoir) & on cmployera la Raison pa*resseuse, tirée du Destin irrésistible,pour s’exempter de raisonner commeil faut; sans considérer que si ce rai-sonnement contre l’usage de la Raisonétoit bon, il auroit toûjours lieu, soitque la délibération fût facile ou non.C’est cette paresse qui est en partie lasource des pratiques superstitieuses desDevins, oìi les hommes donnent auffifacilement que dans la Pierre philoso-phale ; parcequ’ils voudroient des che-mins abrégés, pour aller au bonheurfans peine.

Je ne parle pas ici de ceux qui s’a-bandonnent à la fortune, parcequ’iísont été heureux auparavant, commes’il y avoit là-dedans quelque chose defixe. Leur raisonnement du passé àl’a-venir est auffi peu fondé que les prin-cipes de l’Astrologie & des autres Di-vinations ; & ils ne considèrent pas qu’ily a ordinairement un flux & reflux dansla fortune, ma marea , comme les Ita-liens jouant à la Bassette ont coutumede l’appeller, & ils y font des obser-vations particulières,auxquelles je neconseillerois pourtant à personne de setrop fier. Cependant cette confiancequ on a en sa fortune sert souvent àdonner du courage aux hommes, &sur-(0 5 tout