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Tome premier.
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it la Liberty'de l’Homme. I.p. 119

que tout soit égal & semblable de part & d’au-tse; comme une Ellipse & toute figure dans,leplan , du nombre de celles que j’appelle am-pbidextres, pour être mi-partie ainsi, par quel-que ligne droite que ce soit qui passe par soncentre. Car ni les parties del’Univers, ni lestviscères de ranimai, ne font pas semblables,niégalement situés de deux côtés de ce plan ver-tical. II y aura donc toûjours bien des chosesdans l’àne & hors de l’âne, quoiqu’elles ne nousparaissent pas, qui le détermineront à aller d’uncôté plutôt que de l’autre. Et quoique l’hom-me soit libre, ce que l’âne n’est pas, il ne lais-se pas d’être vrai par la même raison,qu’enco-re dans l’homme le cas d’un parfait équilibreentre deux partis est impossible, & qu’un An-ge, ou Dieu au moins,pourrait toujours rendreraison du parti que l’homme a pris, en assignantune cause ou une raison inclinante, qui l’a por-té véritablement à le prendre ; quoique cetteraison serait souvent bien composée & incon.cevable à nous -mêmes, parce que Penchaine-meht des causes liées les unes avec les autresva loin. *

50. C’est pourquoi la raison que M. Descar-,tes a alléguée, pour prouver l’indépendance denos actions libres par un prétendu sentiment vifinterne, n’a point de force. Nous ne pouvonspas sentir proprement notre indépendance , &nous ne nous appercevons pas toûjours des cau-ses , souvent imperceptibles, dont notre résolu-tion dépend. C’est comme si l’aiguille aimantéeprenoit plaisir de se tourner vers le Nord ; carelle croirait tourner indépendamment de quel-que autre cause, ne s’appercevant pas des mou-vemens insensibles de la matière magnétique.

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