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Tome premier.
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ET LA LibERTe' DE L’HûMME. I. P.

de, est un cas chimérique, & il vaut mieux ob*tenir la béatitude ( quoiqu’après la penitence )que d’en être privé pour toûjours.

93. Beaucoup de Prélats & de Théologiens deFrance, qui font bien aises de s’éloignerdeMo-lina , & de 5'attacher à S. Augustin , semblentpancher vers l’opinion de ce grand Docteur, quicondamne aux flammes éternelles les enfans mortsdans l’âge d’innocence avant que d’avoir reçu lebaptême. C’est ce qui paroit par la Lettre citéeci-deslus, que cinq insignes Prélats de Franceécrivirent au Pape Innocent XII, contre ce Li-vre posthume du Cardinal Sfondrat ; mais danslaquelle ils isolèrent condamner la doctrine dela peine purementprivativedes enfans morts fansbaptême , la voyant approuvée par le venerableThomas d’Aquin , & par d’autres grands hommes. Je ne parle point de ceux qu’on appelled’un côté Jansénistes ,& de l’autre côté disciplesde Saint Augustin , car ils fe déclarent entiere-ment & fortement pour le sentiment de ce Pe-re. Mais 11 faut avouer que ce sentiment n'apoint de fondement suffisant ni dans la Raison,ni dans l’Ecriture , & qu’il est d’une dureté desplus choquantes. Monsieur Nicole l'excuse as-sez mal dans son Livre de l’Unité del’Eglise op-posé à M. Jurieu , quoique M. Bayle prenneson parti, chap. 178. de la Réponse aux Ques-tions du Provincial, Totn. 3. M. Nicole se sertde ce prétexte, qu’il y a encore d’autres dogmesdans la Religion Chrétienne qui paraissent durs.Mais outre que ce n’est pas une conséquencequ’il doit être permis de multiplier ces duretésfans preuve , il faut considérer que les autresdogmes que Monsieur Nicole allégué , qui sontle péché originel & l’éternité des peines, nesont

durs