JUSTIFICATIVES. 34 1
point Je partage, malgré les sinuosités fréquentesqu’on devoit rencontrer en chemin.
Comme on craiguoit de perdre une grande quantitéde l’eau du Sor , et que M. de Riquet, dans son pro-jet , avoi t en vue d’y remédier en jetant dans son litl’eau de quelques autres rivières de la Montagne-Noire , on se rendit sur les lieux pour s’assurer de lapossibilité de l’exécution. Les experts, après avoirmesuré les eaux des rivières de Rieutort, Lampy ,Lampillon , Bernassonne et Alzan, se convainquirentque les obstacles qu’opposoient les sinuosités et lesélévations de la montagne , n’empêcheroient point deréussir; mais qu’il faudroit construire plusieurs digueset autres ouvrages qu’ils marqueraient dans leurdevis; que ces rivières donneraient autant d’eaupour le moins que le Sor, et que toutes ensemblefourniraient suffisamment à l’entretien du grandcanal.
Il fut arrêté qu’on se transporterait au pont deConques , à l’endroit où la rivière de Fresquel s’em-bouche dans celle d’Aude , et que les experts vérifie-raient la largeur et la profondeur de ces deux rivières.
On se rendit à Narbonne où les experts rappor-tèrent que la rivière d’Aude ne pouvoit servir à lanavigation à cause du peu d’eau qu’elle a en touttems , du grand nombre de rochers et de chausséesqui se trouvent dans son lit , et qu’il en coûteraitautant pour la rendre navigable , que pour faire unnouveau canal qui ne serait pas sujet aux inondationsqui, de tems à autre , ruineraient les ouvrages faitssur la rivière. S’étant embarqués au port de Nar-bonne, la commission et les experts furent reconnaître