JUSTIFICATIVES. 345
i> d’une si haute pensée , que l’honneur n’en étoit» dû qu’à votre incomparable génie ; puisqu’il n’étoit» possible qu’à lui seul, il n’apparteuoit qu’à V. M.,J) après Dieu , de disposer en souverain de cet élé-j> ment, et de lui marquer , pour ainsi dire, d’autres3> bornes que celles que la Nature lui a prescrites;» Toutes les tentatives que les autres puissances de3) la terre en ont voulu faire, n’ont été que des preuves3i de leur foiblesse. Lès Romains , les Grecs , les)> Alexandre et les César ont pu, si l’on veut, s’assu-3) jettir toute la terre ; mais l’histoire fait foi que la« moindre partie de la mer n’a jamais su souffrir3) leur domination. Jrisques à vous , Sire , l’Océan3i et la Méditerranée ont toujours conservé leur3 ) liberté toute entière , contre toutes les entreprises» des hommes ; V. M. , seule , a trouvé le secret de3 > les enchaîner , mais agréablement, lorsqu’elle a3i jugé à propos de les ranger, comme sous le joug3) d’un heureux h yménée , et que votre magnificence» royale a conçu le dessein de leur faire conslruire3) ce canal immense qui doit servir , comme de lit3) nuptial où se doit bientôt consommer ce grand3) mariage, le souhait de tous les siècles passés, l’éton-3> nement de tous les siècles futurs. Vos peuples,3> Sire, qui regardent cette merveille comme une3 ) source féconde d’une infinité de biens qui s’en doit3) répandre sur eux, dans la suite , par le commerce,3 > et qui savent d’ailleurs , par expérience , que leur3 > félicité fait la plus forte application , aussi bien» que le plus digue objet de vos pensées toutes royales,3 ) se flattent de l’espérance d’en recueillir de grands3) fruits et d’en jouir, avec plaisir, à l’abri d’uno