CORONAS Y CRUCES VISIGODAS DEL TESORO DE GUARRAZAR.
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do bosques, regularizando las corrientes, construyendo hornos, abriendoescuelas y talleres; los que daban ejemplo de abnegación, protegían álosdébiles, socorrían á los necesitados, respetaban á sus semejantes, difun-dían con su doctrina y sus actos los primeros gérmenes de libertad é in-dependencia y trazaban los primeros bosquejos de organización centralpara aquellas regiones incultas, bien merecian la gratitud de todas lasclases y jerarquías. Natural era que la gran familia benedictina alcanzasemayores beneficios y recompensas allí donde más servicios había prestado,y que en las naciones que riegan el Danubio y el Rhin llegase á habermonasterios como los de San Galo , Fulda , Gampidona, Wisemburgo,Hirsfelden, etc., los que, más que casas conventuales, parecían verdade-ras ciudades. Pero en España , donde la orden de San Benito , aunquemuy favorecida por los Alfonsos y Ordoños, preponderó ménos, quizáspor no haber sido como en los Estados de Alemania la única maestra dela civilización y de la cultura, y por no haber propiamente existido paranosotros lo que se denomina edad de hierro, no había razón para que lasabadías fueran tan poderosas. La grandeza y prepotencia de los monaste-rios españoles es muy posterior á la época visigoda, y es en vano buscaren nuestros anales eclesiásticos, áun desde el siglo X en adelante, memo-rias de abadías feudales como las alemanas, y como algunas italianas yfrancesas. Los monasterios más célebres de las provincias españolas ántesy después de la ocupación sarracena , el Agállense de Toledo , los de SanCosme y San Damian, San Pedro y San Félix, San Pedro el Verde ySan Silvano de la misma provincia carpetana; los tan afamados de la pro-vincia de Córdoba en la época mozárabe, como el de San Cristóbal, elde San Félix en Froniano, el de San Martin de Rojana, el Leiulense con-sagrado á los Santos Justo y Pastor; el Peñamelariense de San Salvador;el Tabanense; el Armilatense y el de Cuteclara, eran sin duda, aunquelos escritores coetáneos ponderen alguna vez la grandeza de sus fábricas(como sucede con el Tabanense de la sierra de Córdoba , del cual testificaSan Eulogio que fué fundado con toda magnificencia por los piadosos yopulentos cónyuges Jeremías é Isabel), eran, repetimos, muy poca cosacomparados con los que desde el noveno siglo descollaron en la Europa septentrional : con el de Monte-Casino, en Italia , y con el de San Galo enSuiza , trazado en el año 820 por el famoso Eginhardo . No se han descu-bierto jamas en nuestras provincias del Tajo y del Guadalquivir ruinas quedenunciáran grandes edificaciones monásticas, ni aproximadas siquiera álo que sabemos era en aquellos otros países una abadía de la Orden de San Benito en la primera mitad del siglo IX; pero si hemos de juzgar,como parece natural, por los vestigios que áun quedan en pié en otrasregiones de España , de insignes monasterios que florecieron ántes de lairrupción agarena, como son, verbigracia, el de San Salvador de Legre ,en Navarra , y el de San Millan de la Cogulla ó San Millan de Suso enla Rioja, habrémos forzosamente de reconocer que lo que llamaban mag-nificencia los piadosos escritores coetáneos, eran meras aspiraciones á re-medar desde léjos las espaciosas, cómodas y galanas fábricas que los árabesdestinaban á sus madrisas, carvaseras y públicas escuelas. De ningunanación de Europa consta que ántes del noveno siglo erigiese monasteriosde costosa edificación: gentes que vivían, como vivieron después las delas primeras casas de la reforma cisterciense, estrictamente ceñidas á laregla de San Benito, consagrando el dia á la oración, al estudio y altrabajo corporal, labrando la tierra con sus propias manos, y empleándoseen toda clase de faenas, dentro y fuera del monasterio, sufriendo las in-clemencias de las estaciones, sin criados y familiares que les llevasen lapesada carga del servicio cotidiano y mecánico, no podían albergarse enclaustros de muy exornada y rica arquitectura. La gala y la riqueza sereservaban para las aulas régias, los atrios, las basílicas y templos; peroel monje de los primeros siglos en la España visigoda no aspiraba á otrosbienes dentro de aquellas paredes, apacible refugio á los cansados de lasluchas del mundo, que los que se describen en la salutación afectuosa deCarlomagno á Paulo Diácono , monje de Monte-Gasino:
Est nam certa quies fessis venientibus illuc.
Hic solus hospitibus, piscis, hic panis abundat.
Laetus amor, et cultus Christi, simul omnibus horis.Pax pia, mens humilis, pulchra, et concordia fratrum.
forêts, réglaient le cours des eaux, construisaient des usines, fondaientdes écoles et des ateliers; ceux qui donnaient l’exemple de l’abnégation,qui protégeaient les faibles, secouraient les indigents, respectaient leurssemblables et propageaient, au moyen de leur doctrine et de leurs actes,les premiers germes de la liberté et de l’indépendance; ceux enfin qui tra-çaient les premières ébauches d’organisation sociale pour ces régions in-cultes; méritaient bien la gratitude de toutes les classes et de toutes leshiérarchies. Il était tout naturel que la grande famille bénédictine atteignîtles plus grandes récompenses là où elle avait prêté les plus grands servi-ces, et que chez les nations où coulent le Danube et le Rhin il y eût desmonastères comme ceux de Saint Gall , Fulde, Kempten , Wissenburg,Hirsfelden, etc., qui, plus que de simples couvents, paraissaient des vraiescités. Mais en Espagne , où la règle de Saint Benoît , quoique très favori-sée par les Alphonse et les Ordogne, eut moins de prépondérance à causepeut-être qu’elle n’était pas, comme dans les États Allemands, la seulemaîtresse de la civilisation, et parce que pour notre pays ce que Ton anommé âge de fer n’a vraiment pas existé, il n’y avait pas de raison pourque les abbayes atteignissent ce haut degré de puissance. La grandeuret l’opulence des monastères espagnols est de beaucoup postérieure àl’époque visigothique; et c’est en vain que l’on cherche dans nos annalesecclésiastiques, même du X e siècle en avant, la moindre trace d’abbayesféodales pareilles à celles de l’Allemagne, voire même à celles de Franceet d’Italie. Les monastères les plus célèbres des provinces espagnoles,avant et après l’invasion musulmane, YAgaliense de Tolède , ceux de Saint Cosme et Saint Damien , Saint Pierre et Saint Félix , Saint Pierre le Vert et Saint Silvain , de la même province carpétane; les monastères sifameux de la province de Gordoue à l’époque mozarabe, comme ceux deSaint Christophe , de Saint Félix en Froniano, de Saint Martin de Ro jana , le Leiulense consacré aux Saints Juste et Pasteur, le Pehamela-riense du vocable de Saint Sauveur, le Tabanense, Y Armilatense, et celuide Cuteclara, étaient sans doute, quoique les écrivains contemporainsprônent quelquefois à l’excès la grandeur de leurs maisons (comme c’estle cas avec le Tabanense des montagnes de Cordoue , au sujet duquelSaint Euloge certifie qu’il fut fondé avec toute magnificence par les puis-sants et opulents Jérémie et Isabelle), étaient, disons nous-bien, peu dechose en comparaison de ceux qui depuis le neuvième siècle s’élevaientdans l’Europe septentrionale: de celui de Mont-Cassin en Italie , et de celuide Saint Gall en Suisse , tracé en Tan 820 par le fameux Eginhard . Ja-mais a-t-on découvert dans nos provinces du Tage et du Guadalquivir desruines de grands édifices monastiques, pas même de constructions quieussent quelque rapport avec ce que Ton appelle communément dans cesautres pays une abbaye de Tordre de Saint Benoît de la première moitiédu IX e siècle; mais si, comme c’est naturel, nous devons en juger par lesvestiges qui restent encore debout, dans d’autres régions de l’Espagne,d’insignes monastères qui fleurissaient avant l’occupation sarrazine, commepar exemple celui du Saint Sauveur de Leyre, en Navarre , et celui de Saint Millan de la Cogulla ou Saint Millan de Suso dans la Rioja, nous seronsforcés de reconnaître que ce que les pieux écrivains contemporains appe-laient magnificence, n’était que l’aspiration à imiter de loin les amples,commodes et belles constructions que les arabes destinaient à leurs hos-pices, caravansérails et écoles publiques. On ne sait d’aucune nation del’Europe qui eût érigé des monastères de construction coûteuse avant leneuvième siècle. Des gens qui vivaient, comme vécurent par la suite lesmoines des premières maisons de la réforme de Giteaux, strictement te-nus à la règle de Saint Benoît, consacrant le jour à la prière, à l’étudeet au travail du corps, et s’occupant de tout genre d’ouvrages, cultivantla terre avec leur propres bras, et, en dehors du monastère, bravant lesfeux brûlants de Tété et les frimas de l’hiver, sans domestiques et sansfamiliers qui leur eussent allégé la pesante charge du service quotidienet mécanique, ne songeaient nullement à avoir pour se recueillir des cloî-tres d’une architecture très richement ornementée. Les belles paruresarchitectoniques, et la richesse de la construction étaient réservées auxpalais des rois et des grands seigneurs, aux basiliques et aux temples.Quant au moine des premiers siècles de l’Espagne visigothique, vivantentre ses murailles, paisible refuge aux hommes fatigués des luttes de cemonde, il n’aspirait à d’autres biens que ceux décrits dans la salutationafectueuse de Charlemagne à Paul Diacre , moine de Mont-Cassin:
Est nam certa quies fessis venientibus illuc.
Hic solus hospitibus, piscis, hic panis abundat.
Laetus amor, et cultus Christi, simul omnibus horis.Pax pia, mens humilis, pulchra, et concordia fratrum.