De la SuìJJe. zof
)( decine, qui fréquentoit alors avec moi„ les leçons de Boerhaave ; il avoir bravé„ impunément les aconits, les apocyns &„ les baies de belladone , mais la semence„ dejusquiame le terrassa & lui fit payer bien„ cher sa curiosité téméraire, en lui trou-„ blant lefprit & le frappant de paralysie„d’un côté: cependant il eût le bonheur*„de se rétablir, quoiqu’à grande peine,„ par les soins de Boerhaave , notre illustre„ maître". On a vu l’usage intérieur de cettegraine être suivi de rougeur à la peau, d'as-soupissement , de mouvemens convulsifs& de perte des sens ; une autre fois elle adonné du délire & de l’inquiétude ; & dansun autre cas où on en avoit pris deux dra-guiez pour de la semence d’aneth, il enest résulté mne démence compîette : tousces accidens ont disparu en procurant levomissement.
Enfin la Jusquiame nous fournit un exem-ple, qui prouve d’une maniéré frappante,qu’il ne suffit pas, pour pouvoir compterfur la salubrité ou l’innocence d’une plante,qu’on en voie manger impunément à cer-tains animaux ; car les chevres, les vaches& les cochons fe nourrissent fans inconvé-nient de la Jusquiame; un chien a avalé,sans en être incommodé , deux onces desuc exprimé de sesl feuilles ; cependant lesmoutons évitent cette plante, & elle est u»