284 Histoire des Plantes vénéneuses
culte extrême, la déglutition devient mémeimpossible ; on a des angoisses, des douleursd’estomac, on y éprouve une sensation sem-blable à celle qu’on auroit si on le lioitfortement, sur-tout à ses deux ouvertures;on a des envies de vomir inutiles, quelque-fois des vômissemens violens, des sueursexcessives & froides ; on urine beaucoup,on a des enflures, & des convulsions quidégénèrent quelquefois en paralysie ; il ar-rive aussi , quoiqu’assez rarement, qu’on ades hémorrhagies, du délire, que les yeuxfont attaqués de quelque maladie qui nese dissipe point, qu’on tombe d’apopìexie,ou enfin qu’on meurt, mais il est très rareque ce soit de mort subite. On a vu l’usagede cette graine causer des épidémies géné-rales dans les armées & parmi le peupleVoici Phistòire d’un cas rapporté patM- Seeger ( le même que j’ai déja cité),dans la dissertation qu’il a -publiée en latinfur l’yvraie , à Tubingue en 1710. Deuxpaysans, leurs femmes & une autre vieillefemme, mangèrent ensemble cinq livres depain d’avoine mêlée d’yvraie ; deux heuresaprès , ils se plaignirent tous d’une pesan-teur de tête accompagnée d’une douleurqui paroisïòit fixée principalement au front;ils furent pris de vertiges avec obscurcisse-ment de la vue; les oreilles leur tintèrent,de maniéré qu’il leur sembloit entcôdre no