Anecdotes. 89
dame de Malntenon , qui sentait lepouvoir secret qu’elle acquéraittous les jours , se conduisait aveccet art, qui est si naturel aux fem-mes , & qui ne déplaît pas aux hom-mes. Elle écrivait un jour à Mada-me de Frontenac fa cousine , en quielle avait une entière confiance :» Je le renvoyé toujours affligé , &» jamais désespéré. Dans ce tems,où fa faveur croissait, & où Mada-me de Montespan touchait à fa chute,ces deux rivales se voyaient tousles jours, tantôt avec une aigreursccrette , tantôt avec une confian-ce passagère, que la nécessité de separler & la lassitude de la contrain-te mettaient quelquefois dans leursentretiens. * Elles convinrent de
* Les Mémoires donnés fous le nom deMad. de Maintenon rapportent qu’elle dità Mad.de Montespan , en parlant de fes rê-ves; J'ai rcvé que nous étions fur le grand es-calier de Versailles je, montais , volts descen-diez -je m'élevai jusqu'aux nues ; vous allâtesd Fontcvraut. Ce conte est renouvelle d’a-près le fameux Duc à’Epernon , qui rencon-tra le Cardinal de Kir/rc/re» fur l’efcalier duLouvre l’année 1614. Le Cardinal lui de-manda s’il n’y avait rien de nouveauNou,