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nes enveloppes, tond à trasmigrer duna un corpsnouveau, à so refaire. Pour s’assurer de ce quej’avance, il ne faut pas s’altacher aux formes exté-rieurcs de la chevalerie, mais saisir son esprit,quipourrait se formuler en ces deux mots: la religionet l’amour. Ces deux forces, en exercant à la foisl’imagination et la volonlé, donnent l’cssor à deuxdes facultés Ics plus puissantcs de notre nature; lareligion, au surplus, en élevant l’intelligence, eten faisant entrevoir tout un ordre de vérités supe-rieures, idéalise le.cercle tout enlier des connais-sances ; et tout en paraissanl le limiter par lafoi, Fétend par la confiance qu’elle ajoute à lafaible et douteuse pensée de la créature humaiiie.Or vous verrez que plus une religion est favorableaux libres développenients de l’humanité, et pluslargo est la part qu’elle donne à la fomme dansses institutions, dans ses tradilions et dans sesinystères.
Dans la chevalerie, felle que je la considère icisous èes formes les pins intimes, tantót la religionprcnd les caraclères d’un amour lendre et coura-geux, tantót l’amour se montre comme une reli-gion respeclueuse et profonde. Et c’est toujoursdans le renouvellcment, ou du moins dans la re-conslruction parlielle des sociétés, que ce phéno-mène a lieu ; c’est vers la fin orbis vel mundi,comme disent les cartes du rrfoyen-àge en parlantdu dixième siècle. En effet, dans les sociétés, bienou mal constituées, vous ne reconlrerez aucun deséléments de la chevalerie, ni l’amour du merveil-leux ni le merveilleux de l’amour. En Égypte ,pays constitué s’il en fui, vous trouverez des con-quérants, mais pas de chevaliers ; vous trouverez descérétnonies, mais point d’extases : et comment lesfemmes pouvaienl-elles obtenir aucune espèce deculte là où les oignons en avaient un ? Ainsicomme une grande partie de l’Orient est stalion-naire de sa nature, vous y trouverez là tornineprosaique, et les tradilions religieuses matérialiséespar une interprétation litlérale qui tue leur esprit.La race d’ismaél, deslinée dès son origine à unevie orageuse et changeànle, elle seule a le secretdes aventures : elle seule fait de la vie guerrièreune élégie, et une épopée de l’amour; elle repanden Europe Aristote, la galanterie, et le roman ; tan-dis que sous un gouvernemenl plus constitué, nousvoyons les aulres pays inondés par l'islamismeperdre tout senliment de courtoisie, d’amour et degioire. Ainsi la Grèce , après Thémistoele, commen-cant à flxer sa destiuée, n’est plus, et ne peut pasètre chevaleresque: et il y a plus d’avenlures dansla vie des pallicares que dans celle des contem-porains d’Aspasie; parce qu’il y a plus de vague,parce que c’est une société qui se séparé de la so-ciété ancienne pour déposer dans quelque lieuécarté les germos d’ une nalion nouvelle. AinsiRome après la constilution aristocratiquc: ainsi laFranca après Francois Dr
Le vague, qui ajoute au mysterieux, à l’indéli-ni ; la libertà, condition nécessaire de l’amour, voilàles sources de la chevalerie: voilà ce que les an-ciens romanciers ont peint d’unc manière si heu-reuse, parce qu’ils.le sentaient: voilà ce que l’A-rioste a su deviaci : et rendro non seulement parl’eflbrt de l’imitalion, mais par la tournure natu-relle de son talent ; voilà ce que le Tasse a sou-vent méconnu. Il a fait de ses héros des courti-sans accomplis; il a fait de Godefroy un monarqueabsolu ; il à coagulé, refroidi ce qui élail. épars,incohérent, et, par cela mème, vivant et harmoni-que. C’est une expédilion royale que la sienne;ce n’est pas une croisade ; tous ces chevaliers agis-sent et parlent à peu-près comme un chambelland’Alphonse d’Este ; leurs égarements ont quelquechose de symétrique et de calculé.
Mais comme la monarchie est de tous les gou--vernements celili qui tend à se figer dans des for-mes toujours plus raides et moins vagabondes, elleest entre tous Ics gouvérnements le plus ennemides institutions chevaleresques; au lieu que le plusconciliable avec clles est une aristocratie démocra-tique, qui d’ un coté tend à s’élever au dessus dupeuple, de Fallire à piacer une partie au moins dupeuple à son nìveau. Les origines de tous ces-demi-dieux, chevaliers errants du monde ancien , tousces accouptemcnts d'ètr^s humains etdivins, toutesces généalogies rappolées avec tant de soin par leshéros homériques,et dont les romanciers du moyen-àge eux-mèmes font tant de cas, ne sonlqu’unepreuve de ce que je viens d’afflrmer. La chevale-rie trouve une société qui va se dissoudre parceque l’esprit lui manque et que la matière s’alour-dit de plus tn plus: elle s’eflbrce de la ranimerd’un esprit nouveau ; elle y apporle un élémentde liberté; elle cherche à fixer cette liberté pardes formes de convention nouvelles qui ne soìentni trop larges ni trop rétrécies. Lorsque les for-mes de convention prévalent sur le fond, lorsquel’esprit de liberté vieillit et est étouffé, alors unenouvelle dissolution s’approche, alors l’humanité abesoin d’ une chevalerie nouvelle.
J’ai dit plus haut, que la religion la plus favo-rable aux développements libres de l’humanitéest en mème temps la plus favorable à la femme.Tout le christianisme est fondé sur l’histoire do.deux femmes; ce sont des femmes qui pleurent lelibera leur souffrant, qui parfument d’amour et delarmes ses pieds et sa tombe; c’est la femme quidevait vaincre l’ètrc insidieux et rampant, auteurde notre esclavage. Eli tout lieu où vous trouvezun grand mouvement social, c’est la femme quiy prend part d’une manière directe et puissante;en tout lieu où vous trouvez l’abrutissement del’espèce plus ou moins achevé, c’esl la femme quien soulfre le plus.
C’est en cela que le christianisme nous montresa grandeur, en faisant un devoir religieux de Fi-