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Dizionario d'estetica / di Niccolò Tommaseo
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OMERO

Sii

nes enveloppes, tond à trasmigrer duna un corpsnouveau, à so refaire. Pour sassurer de ce quejavance, il ne faut pas saltacher aux formes exté-rieurcs de la chevalerie, mais saisir son esprit,quipourrait se formuler en ces deux mots: la religionet lamour. Ces deux forces, en exercant à la foislimagination et la volonlé, donnent lcssor à deuxdes facultés Ics plus puissantcs de notre nature; lareligion, au surplus, en élevant lintelligence, eten faisant entrevoir tout un ordre de vérités supe-rieures, idéalise le.cercle tout enlier des connais-sances ; et tout en paraissanl le limiter par lafoi, Fétend par la confiance quelle ajoute à lafaible et douteuse pensée de la créature humaiiie.Or vous verrez que plus une religion est favorableaux libres développenients de lhumanité, et pluslargo est la part quelle donne à la fomme dansses institutions, dans ses tradilions et dans sesinystères.

Dans la chevalerie, felle que je la considère icisous èes formes les pins intimes, tantót la religionprcnd les caraclères dun amour lendre et coura-geux, tantót lamour se montre comme une reli-gion respeclueuse et profonde. Et cest toujoursdans le renouvellcment, ou du moins dans la re-conslruction parlielle des sociétés, que ce phéno-mène a lieu ; cest vers la fin orbis vel mundi,comme disent les cartes du rrfoyen-àge en parlantdu dixième siècle. En effet, dans les sociétés, bienou mal constituées, vous ne reconlrerez aucun deséléments de la chevalerie, ni lamour du merveil-leux ni le merveilleux de lamour. En Égypte ,pays constitué sil en fui, vous trouverez des con-quérants, mais pas de chevaliers ; vous trouverez descérétnonies, mais point dextases : et comment lesfemmes pouvaienl-elles obtenir aucune espèce deculte les oignons en avaient un ? Ainsicomme une grande partie de lOrient est stalion-naire de sa nature, vous y trouverez tornineprosaique, et les tradilions religieuses matérialiséespar une interprétation litlérale qui tue leur esprit.La race dismaél, deslinée dès son origine à unevie orageuse et changeànle, elle seule a le secretdes aventures : elle seule fait de la vie guerrièreune élégie, et une épopée de lamour; elle repanden Europe Aristote, la galanterie, et le roman ; tan-dis que sous un gouvernemenl plus constitué, nousvoyons les aulres pays inondés par l'islamismeperdre tout senliment de courtoisie, damour et degioire. Ainsi la Grèce , après Thémistoele, commen-cant à flxer sa destiuée, nest plus, et ne peut pasètre chevaleresque: et il y a plus davenlures dansla vie des pallicares que dans celle des contem-porains dAspasie; parce quil y a plus de vague,parce que cest une société qui se séparé de la so-ciété ancienne pour déposer dans quelque lieuécarté les germos d une nalion nouvelle. AinsiRome après la constilution aristocratiquc: ainsi laFranca après Francois Dr

Le vague, qui ajoute au mysterieux, à lindéli-ni ; la libertà, condition nécessaire de lamour, voilàles sources de la chevalerie: voilà ce que les an-ciens romanciers ont peint dunc manière si heu-reuse, parce quils.le sentaient: voilà ce que lA-rioste a su deviaci : et rendro non seulement parleflbrt de limitalion, mais par la tournure natu-relle de son talent ; voilà ce que le Tasse a sou-vent méconnu. Il a fait de ses héros des courti-sans accomplis; il a fait de Godefroy un monarqueabsolu ; il à coagulé, refroidi ce qui élail. épars,incohérent, et, par cela mème, vivant et harmoni-que. Cest une expédilion royale que la sienne;ce nest pas une croisade ; tous ces chevaliers agis-sent et parlent à peu-près comme un chambellandAlphonse dEste ; leurs égarements ont quelquechose de symétrique et de calculé.

Mais comme la monarchie est de tous les gou--vernements celili qui tend à se figer dans des for-mes toujours plus raides et moins vagabondes, elleest entre tous Ics gouvérnements le plus ennemides institutions chevaleresques; au lieu que le plusconciliable avec clles est une aristocratie démocra-tique, qui d un coté tend à sélever au dessus dupeuple, de Fallire à piacer une partie au moins dupeuple à son nìveau. Les origines de tous ces-demi-dieux, chevaliers errants du monde ancien , tousces accouptemcnts d'ètr^s humains etdivins, toutesces généalogies rappolées avec tant de soin par leshéros homériques,et dont les romanciers du moyen-àge eux-mèmes font tant de cas, ne sonlquunepreuve de ce que je viens dafflrmer. La chevale-rie trouve une société qui va se dissoudre parceque lesprit lui manque et que la matière salour-dit de plus tn plus: elle seflbrce de la ranimerdun esprit nouveau ; elle y apporle un élémentde liberté; elle cherche à fixer cette liberté pardes formes de convention nouvelles qui ne soìentni trop larges ni trop rétrécies. Lorsque les for-mes de convention prévalent sur le fond, lorsquelesprit de liberté vieillit et est étouffé, alors unenouvelle dissolution sapproche, alors lhumanité abesoin d une chevalerie nouvelle.

Jai dit plus haut, que la religion la plus favo-rable aux développements libres de lhumanitéest en mème temps la plus favorable à la femme.Tout le christianisme est fondé sur lhistoire do.deux femmes; ce sont des femmes qui pleurent lelibera leur souffrant, qui parfument damour et delarmes ses pieds et sa tombe; cest la femme quidevait vaincre lètrc insidieux et rampant, auteurde notre esclavage. Eli tout lieu vous trouvezun grand mouvement social, cest la femme quiy prend part dune manière directe et puissante;en tout lieu vous trouvez labrutissement delespèce plus ou moins achevé, cesl la femme quien soulfre le plus.

Cest en cela que le christianisme nous montresa grandeur, en faisant un devoir religieux de Fi-