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Tome premier.
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XVIII
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XVÏÎI

PREFACE.

AVE RTISSEMENT,

Q Ueeques-uns de ceux qui ont plûtot parcouru superficiellement ces Ex-traits qu’ils ne les ont Iûs avec une attention suffisante, ont blâmé la méthode quej’y ai suivie de rapporter les opinions particulières de M rs . les Intendans de Province quiont composé les Mémoires originaux, & ils ont prétendu qu'en traitant de mon chefd'une maniéré généralement dogmatique, les differentes matières qu’ils renferment, j’au-rois pû m’épargner les fréquentes réfutations que j’ai été obligé de faire de quantité detraits & de faits faux ou incertains qu’ils ont avancez par quelque motif que ç’ait été ;mais je crois qu’en faisant cette censure, ils n’ont pas pris a fiez garde à la nature & àl’espèce de mon travail. II n’y a point de particulier, ce me semble, qui ait par îui-même, ou qui puisse avoir une connoissance entiere & égale, de toutes les Provinces duRoyaume, & supposé qu’il y en ait, j'avoue que je suis infiniment éloigné de ce degréde Connoissance, partant il ne m’a pas été possible de donner de moi-même & de monpropre chef une infinité de choses que je n’ai rapportées que fur la foi des Mémoiresqui m’ont été remis entre les mains, St j'ose dire de plus que l’éxperience m’a convain-cu qu’il y auroit, ou beaucoup de risques à le faire autrement, à cause de la quantité defautes que ces Originaux contiennent ; car quoique je ne m’estime pas juge compétentdes matières de finances, de jurisdictions ou autres semblables, le grand nombre desfautes qui s’y trouvent dans les matières moins éloignées de ma portée, comme la Mo-rale, la Politique, l’Histoire générale & particulière des Lieux, la Destination de la No-blesse & des Maisons &c. m’ont fait présumer qu’il n’y a peut-être pas moins d’erreursà l’égard des autres matières, dont je n’ai pas une égale connoissance, & cette raisonm’a paru déterminative pour suivre dans ce travail la méthode commune, de faire desextraits, fur tout à cause de la facilité qu’elle donne de distinguer ses propres sentimensde ceux des Auteurs qu’on n’approuve pas toujours, quoique l’on soit obligé de les rap-porter fous peine d’altérer la fidélité de l’éxtrait & de laisser celui qui le doit lire dansl’ignorance de ce qu’il s’est proposé d’apprendre. D’ailleurs ces Censeurs doivent con-sidérer que le but principal de mon travail, ou plûtot du grand Prince qui m’avoit misla plume a la main etoit d’abrêger la leéture immense qu’il auroit du faire de chaqueTraité des Intendans ; ainsi je n’ai pas dû lui proposer tellement mon propre ouvragequ’il ne fut en état de le comparer avec celui des Auteurs Originaux, toutes les foisqu’il l’auroit jugé nécessaire pour son instruction. Enfin comme mes Extraits ont étécommencez & achevez dans la même vûë, je n’ai pas crû que la Censure qui a donnélieu à cet avertissement dût m’engager à en changer la construction & l’arrangement,sur tout à cause de la longueur du tems qu’il auroit sala donner à ce nouveau travail,fans aucune apparence d’utilité pour qui que ce pût être.