Mfmoïres Historiques.
la narration deFrigerid, rapportée par Grégoire de Tours, plusieurs de ses partisans de Thela Province d’Auvergne ayant été enveloppez dans son malheur, on apprit en mêmetems, que les Francs étant entrez dans les Gaules, y avoient saccagé & brûlé la villede Trêves. Ce fut à cette occasion que le Patrice Constance qui commandoit les ar-mées d’Honorius dans les Gaules, dépêcha Cartinus, Comte des Domestiques, avec unearmée pour repousser les François. Grégoire de Tours ne dit pas positivement quelfut le succès de cette guerre ; mais selon l’arrangement des faits qu’il rapporte & quiest consirmé par Fredegaire *, les Francs furent rudement punis de leur révolte. Car- * Chtinus les ayant vaincus, passa le Rhin, les battit de nouveau & tua le Roi Theodomeravec fa Mere Ascila. Ce dernier Auteur dit positivement que Theodomer fut tué dansun combat : mais Grégoire, qui cite les Fastes consulaires de son tems, s’éxplique demaniéré que l’on peut croire que la Mere & le Fils furent condamnez à mort par unjugement & qu’ils périrent par le glaive, gladio intersedîó. Ce même passage de Gré-goire est considérable par rapport au Pere de Theodomer, Filium Recimeris quondam ,
[le Fils de Recimer] parce que ce dernier mot semble designer éxpressement les di-gnitez Romaines de Recimer & particulièrement son Consulat. Cet événement tom-be sans difficulté fur l’année où Constance fut Consul de l’Occident, c’est à dire,
Pan 414.
La même année on vit établir les Bourguignons dans la Gaule fous la conduite de leurRoi Gibica. Nous parlerons dans la fuite des circonstances de leurs conquêtes : lesFrancs n’avoient point éncore abandonné leurs demeures d’au delà du Rhin, mais ilsétoient passez en si grand nombre dans la Tongrie, le long des rivages de la Meuse& du Demer, qu’ils se trouvoient les maîtres de tout le pais & y vivoient tellement se-lon leurs Loix particulières, qu’ils y choisirent des Rois ou Magistrats, pour rendre lajustice parmi eux dans les divers Cantons où ils étoient divisez. Grégoire de Tours lemarque positivement, avec la circonstance que les Rois furent tirez de la même fa-mille, qu’il dit avoir été la plus noble d’entre ceux que Fredegaire éxplique, en disantqu’ils étoient de la même race que les Anciens : par où l’on peut entendre Marcomir &Sunnon, & même Mellobaudès.
Mais c’est ici où la confusion des Historiens augmente, lors qu’il semble que les faitsdevroient s’éclaircir. On ne fçait point, où plûtôt on ne s’accorde point fur les nomsde ces nouveaux Rois. La Chronique de Tiro Profper suppose, que celui qu’elle nom-me Pharamond, a commencé à régner en 418, la même année de sélection duPape Zozime, en laquelle il arriva une Eclipse de Soleil le 19. de Juillet : mais il y adeux choses à remarquer fur le sujet de ce Tiro Profper. La premiere, que c’est unOuvrage supposé & qui ne doit avoir aucune autorité, parce que la plupart des autrgsfaits qu’il rapporte, font faussement altérez & avec si peu de vraisemblance, qu’il est im-possible qu’il puisse passer pour un Ecrit contemporain. La date même qu’il donne aurègne de Pharamond ne se rapporte point à l’année d’Honorius qu’il marque : aussiquoique tous ces Historiens postérieurs l’ayent suivi à l’égard de la supposition de cepremier Roi, il n’y a nulle autorité suffisante pour l’établir, contre ce qu’en ont ditGrégoire de Tours & Fredegaire. L a seconde observation qui regarde Tiro Profper,est qu’il paroit que dans ces tems modernes un certain particulier s’est attaché à fairevaloir son autorité, à cause d’un passage qui fait passer S. Augustin pour Auteur del’Héréíie nommée des Prédestinatiens : PraédeJHnatiorum baeresis quae ab Augustino acce-pit ïniìium , hifie temporibusserpere exorta : [c’est à dire, que l’héréfìe des Predestinatiensqui cômmença par S. Augustin, se répandit principalement dans ces tems-ci.] Maisc’est précisément ce passage qui convainc le faux Profper de supposition, n’y ayant ja-mais eu de Disciples de S. Augustin plus attachez a fa doctrine que le véritable Profper,puis que ce fut lui qui déféra à ce S. Docteur les fentimens des Prêtres de Marseille, quifurent depuis condamnez comme Semi-Pelagiens, Depuis, le véritable Profper composao une