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Tome premier.
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Mémoires Historiques,

Clodion. leur ruïne particulière. Paul Diacre compte au nombre des Auxiliaires les Sorences,les Alains, les Sarmates, les Amoricains, les Piticiens, les Bourguignons, les Saxons, lesFrancs, les Ripuaires, les Bretons, autrefois Soldats, à présent. Alliez des Romains, &enfin les Goths, les plus puissans de tous ; puis il ajoute que toutes ces Nations Cel-tiques ou Germaniques, s’étant rendues dans les Campagnes qu’il nomme Catalaunii &Maurisii , longues de ioo. lieues & larges de 70, selon la maniéré dont les Gaulois com-ptent les distances, elles y attendirent Attila ; lequel après avoir vaincu & tué Gundi-caire Roi de Bourguignons, s’y rendit avec une prodigieuse armée de Huns, de Ge-pides, de Marcomans, de Sueves, de Quades, & de toutes les Nations du Nord. Cefut en ce lieu que se donna le signalé combat, qui ruïna la fortune de ce Roi bar-bare. 11 y eut, selon le même Auteur, x 80000. morts fur la place : les Gots & lesFrancs eurent l’honneur de cette journée ; mais les premiers y perdirent leur Roi Theo-doric.

CHron. Cette grande action se passa sous le Consulat de Marcien Auguste & de Claudius< c£on r ‘' Adelphius, c’est à dire, en l’année 451 ; mais on ignore le tems de l’année & le lieuFrofteri. précis où elle se passa, quoique la dimension, rapportée par Paul Diacre & par Jor-nandes, puisse faire juger que la Champagne en fut le théâtre. Cependant telle quefut cette victoire, elle auroit pû être fatale aux Romains, si Aetius n’eut trouvé lemoyen de séparer les Alliez, qui étoient beaucoup plus forts que lui. II fe défit deTorifmond, fils aîné de Theodoric, en lui persuadant de regagner au plutôt ses Etatspour prévenir les entreprises de son frété ; & sous un autre prétexte il renvoya de mêmeMerouée, Roi des Francs ; Simili & Francorum regem dolo fugavit, dit Grégoire de Tours.Pour ce qui est du fils aîné de ce Prince, il regagna l'Allemagne avec le reste de l’ar-mée du Huns, selon le même Priscus, & l’on ignore ce qu’il devint.

Les Francs n’avoient point encore donné de si grandes preuves de leur valeur, nimérité tant d’estime de la part des Romains ; c’est pourquoi malgré leur jalousie, ils serendirent par reconnoissance plus faciles à recevoir au deça du Rhin les Francs d’Alle-magne, qui voulurent venir habiter les frontières désolées de la Gaule & ceux-ci se can-tonnèrent dans le voisinage de leurs Compatriotes, qui' y étoient déja, s’avançant deproche en proche & gagnant toujours du terrain. Merouée ne vécut pas long temsaprès cela, car il doit être mort au commencement de Tannée 456. puis que Childericson fils, qui lui succéda, fut privé de son Royaume dès Tan 457.

Childeric I. Huitième Roi.

E Prince étoit fort jeune quand il fut élevé fur les Boucliers des Soldats François ;

C H IL DE-

R I C I.

c’étoit chez cette Nation la seule cérémonie de l’inauguration des Rois ; & lapreuve de fa jeunesse se tire de ce qu’il étoit encore enfant, lors que dans la premiereannée de la guerre des Huns, il fut enlevé avec fa Mere par un parti de cette Nation& sauvé de ce danger par la valeur & Tadresse d’un particulier François, nommé Wio-madus, qui lui demeura attaché toute fa vie & est devenu un éxemple mémorable defidélité dans nôtre Histoire. Childeric mécontenta les François par des emporte-mens de jeunesse, qui déshonoraient les filles & ses femmes des personnes les plus con-sidérables. Le chagrin de la Nation alla même si loin, qu’il auroit été tué dans uneSédition générale, si, par le conseil de Wiomade, il ne se fut retiré au delà du Rhin, oùil trouva retraite auprès de Pipin, Roi deTuringe. Fredegaire assure qu’il passa delà

à Com