Mémoires Historiques. 8 i
du monde, nonobstant la canonisation : toutefois il semble par la suite de sa vie qu’il d a° ob ertfît une espèce de conversion. ^
Après la mort d’Ebrouin les Neuítriens assemblez élurent par le commandement duRoi, cum jujsione Régis, Varaton, pour remplir la dignité de Maire, lequel étant hommepacifique, chercha à se raccomoder avec les Australiens ; maïs comme il étoit vieux, ils’associa son fils Wilimer, lequel d’un esprit tout contraire recommença la guerre, mal-gré son pere ; toutefois il mourut la même année & son pere bien intentionné pour lapaix, l’auroit enfin conclue, s’il n’étoit mort tròp tôt, comme nous le dirons.
II est remarquable qu’en Cette année 681, trois ans seulement après la mort de S. Le-ger, l’Evêque d’Autun, son culte s’établit avec tant de réputation, que les Eglises d’Ar-ras, d’Autun & de Poitiers disputèrent long terris à qui feroit la translation de son corps,que le sort ajugea à celle de Poitiers : le Roi même l’honora comme Martyr, quoiqu’ileut consenti à sa mort & à la cruelle persécution qu’il avoit soufferte.
La même année Pépin d’Herstal, quoique reconnu Duc des François en Australie,donna des otages à Varaton & à Thierry soit pour les assurer de sa fidélité, soit pourprévenir la guerre autant qu’il lui étoit possible.
En 682 & 83, Dadon Evêque de Rouen rappela S. Philbert à Jumiege & ayantfait sa paix avec lui, consentit à la donation que le Maire Varaton lui fit du lieu deMontiviliers, au païs de Caux, villare ìn agro Caletenfi , pour édifier un Monastère de yfilles ; ce fut auíîì cette année 683, que Wilimer rompit toutes les mesures de son pèrepour la paix, & qu’il porta la guerre aux environs de Namur, mais il mourut dé soa-ladie dans cette éxpedition, comme nous Pavons dit.
En 684, l’Evêque Dadon entreprit plusieurs négociations pour amener les deux par-tis à la paix ; il fut même jusqu’à Cologne dans l’esperance de convaincre les Austra-liens de la nécessité de recònnoître un Roi ; puis il revint ’au Parlement, qui se tenoitcette année à Clichy auprès de Paris, rendre compte de ce qu’il avoit fait & il y mou-rut le 7 des Calendes de Septembre, dans une grande réputation de capacité & desainteté : malgré tout ce qui s’étoit passé sous le ministère précédent, son corps fut por-té à Rouen & l’histoire du Convoy qui lui fut fait, justifie que la ville de Pontoise &tout le Vexin étoient déja du Diocèse de Rouen.
Enfin l’an 685, tout au plus tard en 686, le Maire Varaton mourut. Les Neustri-êns etoient alors divisez ; le plus grand nombre étoit porte à la guerre, tant par le suc-cès de la derniere bataille gagnée par Ebrouhu que par indignation du mépris que lesAustraliens faisoient de la Royauté. Le même nombre fut maître de PElection & dé-fera la Mairie à Berthaire, gendre de Varaton, par le crédit de la Reine Ansflede.L’histoire remarque qu’il n’avoit d’autre mérité Hue cette alliance & son entêtementpour la guerre; son élévation est constamment arrivée avant le 30. d’Octobre de cetteannée 686, puis qu’en ce jour il concourut avec le Roi Thierry au don de Lagny a1 Abbaye de S. Denys, dont voici les termes: Vìlla^Latiniaca quae fuit viris illustribusEbroino, Varatoni , Ghïjlemaro , quotidam Majores Domûsnhftrae &poft discejfum ipsius Euratom*ìn Fisco nostro suerat revocata, nos ips a villa ab suggestions praecelfae Reginaè nostrae Chro-decildae sic & tllustri viro Bertharìo Majori Bomûs nostrae ad Monáfierium Sanïïi DionstiiésV. Au surplus, le Maire aliéna d’abord tous les Neustriens, de forte que les EvêquesAudran & Réole donneront des otages à Pépin ; aussi étoient-ils naturellement du Di-strict de P Australie : d’autre côté Pépin délirant sincèrement la paix, pour éviter l’effu-fion du sang François, envoya une solemnellé Ambassade à Thierry pour lui offrir sessoumissions avec une très-grosse somme d’argent ; niais tout fut refusé par le conseilde Berthaire, de maniéré que selon les Annales de Metz, le Parlement d’Australie serésolut à la guerre & reconnut absolument Pépin en qualité de Maire & de Duc desFrançois. C’est pourquoi les années de son administration se comptent du mois deMay 687, ce qui fait preuve qu’il ne se croyoit pas absolu avant ce tems-Ià.
K k A P rês