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Mémoires Historìq_ue$. 97
L’an 739, il retourna en Province selon les mêmes Chroniques, Karolus intraviî in Inter-p^ovincia ujque Mastiliam , & les Annales de Metz assurent qu’Avignon fut forcé pourla seconde tois; voici comme Fredegaire raconte cet événement, au second mois decette année, c’est à dire, en Fevrier ou Avril ; „ Charles fit marcher son frere à "la tête d’une armée où se trouvèrent plufieurs Ducs & Comtes, lequel étant arrivé “devant Avignon, Charles l’y joignit & tous deux ensemble combattirent Mauronte, "le forcerent dans des Rochers inaccessibles & soumirent eiitierement le païs jusqu’à la “
Mer, & ayant ainsi acquis cette Province entiere, il revint glorieux en France & "n’essuya plus depuis aucune rébellion ; mais la fortune l’attaqua d’un autre côté, car “étant arrivé à Verberies, près de Compiegne, Verberïa, ou Vernùbra , il y devint ma- “lade d’une langueur qui dégénéra peu à peu en hydropisie & le conduisit au tom- ubeau au bout de deux ans.
L’an 740, est marqué dans toutes les Chroniques fine hoste à? hoftìlitate ; ainsi aulieu de guerre, Fredegaire raconte de quelle maniéré le Pape envoya deux légationsconsécutives au Duc Charles avec les clefs du sépulcre de S. Pierre, chose jusques-làinusitée, & quantité de riches présens : son motif étoit d’engager ce Prince à entrerdans le parti de l’Empereur Grec contre les Lombards, & la derniere lui offroit leConsulat. Charles, de son côté, envoya à Rome Grème, Abbé de Corbie, & Sige-bert, Reclus de S. Denys, pour honorer en son nom le sepulchre des Apôtres, mais iltémoigna prendre peu de part aux affaires de l’Empereur ; c’étoit vraisemblablementun ester de l’ancienne alliance qu’il avoir contractée avec les Lombards, car PaulDiacre & Aimoin ont tous deux remarqué que Charles avoir autrefois envoyé son filsPépin en Italie & qu’il y fut adopté par Luithprand, Roi des Lombards ; voici cequ’en dit Aimoin ; Pépierai autem f ce dus praefatus Princeps cum Luithprando Longobar -dorum Rege eìque filium fuum Pepinum mifit ut more Jidelíum Chrijlìanorum ejus capillumprì-mus attonderet , quod ille gratijfimè complevit : & Paul ajoute, qui ejus caesariem incidens à?pater effecîus est multìsque eum ditatum munerïbus ad genitoreum remifit. D’où l’on ap-prend non seulement l’alliance solemnelle contractée entre les Princes François & lesLombards, mais que les premiers désabusez de la longue chevelure à laquelle les anciensavoient paru si long teins attachez, se conformoient à l’usage commun & portoient lescheveux courts, après les avoir fait couper une premiere fois en cérémonie. II se peutaussi que la maladie contribua de quelque chose à l’indifférence que Charles témoignapour la guerre en cette occasion. En effet voyant peu après que ía íanté ne se réta-blissoit pas, il songea fi bien à la mort qu’il partagea la France à les enfans du con-sentement de tous les Grands: illaiflà l’Auítrasie, la Suève & la Turinge à Carlomanaîné i la Neustrie, la Provence, la Bourgogne & l’Aquitaine à Pépin ; le partage fait,comme si c’eut été son propre domaine, dès le commencement de l’an 741, Pépin, àla tête d’une grosse armée, marcha en Bourgogne avec le Duc Childebrand & quanti-té de Seigneurs, ayant jugé nécessaire de s’assurer de cette partie du Royaume que Polisavoir n’avoir été soumise que par force à la domination de Charles Martel. Cependantla maladie de ce Prince augmentant toujours, il se fit porter au Palais de Quiery ouCarisy sur Oise prés de Noyon & de Clauny, où il fit quelques nouvelles dispositions,
& donna entr autres le palais de Clichy à l’Abbaye de S. Denys ; la date de l’acte estconçûë en ces termes: Atlum Carecìaco villa, in palatio, quod facit menfis Septembris dìesx 7. annum quintum poft defuncìum fheodoricum regem: fignum illustri viro Karlo MajoremDomus qui banc epiftoïajn donationis fieri rogavit, fignum ïïlustris matronae Sunecbildis consen-tïentis. 11 y a apparence qu’il fit aussi pour lors quelques nouvelles dispositions en fa-veur de son troisième fils, Gripho, qu’il avoit eu de Sonnechilde, ayant pris également,fur la Neustrie & fur l’Austrasie, un leger partage, qui toutefois ne fut pas au gré desfreres ainez, ni à celui de la Nation, Enfin une violente fievre s’étant jointe aux acci-dens, dont Charles étoit déja attaqué, il en mourut le 22. Octobre, n des Calendes
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