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Tome premier.
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Mémoires Historiques. lof

de Narbonne qui étoit au pouvoir des Sarrazins ; Ex eo die Franá Narbonam infejìanl ; Pepin -& nous verrons ci-après qu’elle he leur demeura pas long rems.

En 753, Pépin 6c la guerre en Saxe, ayant été obligé de passer le Rhin fur la nou-velle d’une revolce totale de ce pais ; mais ces Peuples ne tarderent pas à reconnoîtreleur faute & à fe soumettre à de plus grands impôts que ceux du paíïe, de forte quePépin revint tranquillement en France. Comme il étoit à Thionville, dans le chenninde son retoUr, il apprit la mort tragique de son frere Griphon, qui n’ayant pas trouvéà s’òcCuper dans l’Aquitaine fut tué en Dauphiné, en voulant gagner la Transjurane,ou les anciennes révoltés n’étoient pas tout à fait appaifées, il y apprit que le PapeEtienne qui avoir succédé à Zacharie, ayant quitté Htalie parla crainte des Lombards,étoit abordé en France & qu’il s’avançoit pour le reconnoître ; fur cette nouvelle ildépêcha Charles son fils avec plusieurs Grands qui reçûrent ce Pontife au Palais ddPontigou près de Vitry en Perthois, & le conduisirent à Quierzy auprès du Roi quilui rendit tous les honneurs imaginables, puis ayant appris le sujet essentiel de son vo-yage, l’envoya reposer à l’Abbaye de S. Denys ; le Pape y tomba malade & sot endanger de mort la plus grande partie de l’hyver ; mais ayant recouvré fa santé partine efpece de miracle, il en voulut signaler fa reconnoissance par une consécrationparticulière, faite de fa main, du grand Autel de cette Abbaye ; il voulut pareillementrenouvelles la cérémonie du couronnement de Pépin & y joindre celui de ses enfans,le tout s’éxécuta, comme Baronius Pa prouvé, le 5. des Calendes d’Août, c’est a dire,le Dimanche 21. de Juillet 754 » Inter celebrationem consecratioms praesati altaris C? obla-tionem facratiffmi sacrifiai ; d’ou il soit premierement que la cérémonie fe fit en PAb-baye de S. Denys & non en l’Abbaye de Ferrieres, comme quelques-uns Pont avancé& qu’il a été véritablement couronné deux fois, comme l’a dit Panonime ; Pepinumtribus amis antequâm uhgeretur à Stephano Papa , jam unBurn suisse per manus bealormnfaceràotum Galliae ; ce qui signifie que la cérémonie du Sacre de ce Roi fut répétée' paree Pape pendant le couss de la troisième année après celle qui avoit été faite par lesEvêques de France. Cette ríiême année 754, le désolé Roi Childeric mourut dans leMonastère où il étoit renfermé, comme on Papprend des Annales de S. Berrin ; Bo-niface. Archevêque de Mayence, mourut auísi dans la Frise, pendant le cours de cetteannée, y ayant été martirifé par ceux à qui il anrionçoit l’Evangile ; mais tandis quele Pape rempliíïòít la Cour de cérémonies & de l’opinion de Pefficacité dè sos opéra-tions Pontificales, Pépin travailloit plus essentiellement pour lui, ayant envoyé une A.m-baíîade à Astolphe, Roi des Lombards, pour le prier qu’à la reverence des SaintsApôtres, il voulut s’abstenir d’inquieter les environs de Rome par ses armes & à faconsidération particulière de cesser d’établir les ldix superstitieuses de fa Nation dansles terres de l’Eglifes ; Astolphe n’eut pas plutôt appris ce que Pépin prétendoit éxigerde lui, qu’il fe résolut de lui opposer un autre puissant Négociateur, & à cette fin ilobtint de P Abbé de Montcassin, le Moine Carloman, lequel s’achenìina en France fousle pretexte d’y redemander le corps de S. Benoît, qui avoit été enlevé de fa maison,mais en effet pour remontrer qu’Astolphe n’avoit point tout le tort qu’on lui impo-soit dans fa contestation avec le-Pape. Le Moine eut peu de succès dans-ses remon-trances, le Roi ayant pris la résolution de passer lui-même en Italie & d’y conduireune puissante armée pour imposer la Loi aux Lombards ; d’autre part Astolphe, réso-lu à la defenfe, fe rendit maître des passages des Alpes, fortifiant ses principales Places,afin ou d’arrêter son nouvel ennemi, ou, s’il forçoit les montagnes, de tirer la guerreen longueur : le Continuateur de Fredegaire donne une relation du combat qui fe sitau pas de Suze, où l’on peut admirer la valeur & Pintrepidité des François -, il raconteensuite le siège de Pavie, où le Roi des Lombards s’étoit renfermé, Part d’affiéger lesPlaces n’étoit pas encore bien connu, mais le zele de Pépin pour la cause de PEglifeétoit tel, que les diffîcultez ne le purent rebutter, de sorte qu’Astolphe ne trouva point

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