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Tome premier.
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I IO

Mémoires Historiques.

Charles, principale forteresse, il passa le Weser & alla détruire le Temple & l’ïdole fameused’Irmensul, que l’on croit avoir été au lieu de Meríbourg : cependant Eghinard sem-ble dire que ce Temple étoit au deça du Weser; en revenant Charles rétablit le châ-teau d’Er'eíbourg & y laissa garnison, mais cette guerre eut bien d’autres suites, puisqu’elle l’occupa toute fa vie & qu’elle fut après lui l’une des causes de la ruine de faMaison ; d’autre côté les Lombards n’avoient point perdu le dessein de se rendre maî-tres de toute l’Italie, & leur Roi Didier prenoit de justes mesures pour son exécution,lors que le Pape, Etienne IV, étant mort, Adrien I. lui succéda en cette même année ;c’étoit un homme d’esprit haut & ambitieux, lequel ne manqua pas de prétexte pouranimer Charles contre les Lombards ; le plus sensible à ce Prince fut l’avertissementqu’il lui donna des sollicitations que Didier lui faiíbic de couronner le fils de Carloman,pour le rétablir ensuite dans le partage de son pere, la jalousie d’Etat fit un si grandeffet dans l’esprit de Charles en cette occasion, qu’il sc détermina à détruire les Lom-bards & â ne point cesser la guerre que cet ouvrage ne fut achevé; son ressentimentfut si vif qu’il s’étendit jasqu’à la Reine sa femme, qu’il répudia au grand scandale detoute sa Cour, puis qu’Adelard son cousin germain, qui s’étoit attaché à lui depuis lamort de Carloman, se retira dans un Monastère par indignation d une action si peuChrétienne, mais le Pape n’avoit garde de ne la pas approuver, parce qu’elle rendoitces deux Rois irréconciliables. En 773, Charles ayant assemblé une puissante arméedans le dessein de passer les monts, la fit marcher à Geneve, où il la divisa en deuxcorps, prit le commandement de l’un & donna l’autre à son oncle : Bernard Didier,qui croyoit avoir asseuré le passage des Alpes, ayant appris qu ils avoient été forcez,se retira de Turin à Pavie, où il s’enferma & son fils Adalgise se jetta dans Verone :ces deux Places furent assiégées avec tout l’art connu en ce tems-là & toute la vigueurdont les François sont capables quand ils ont un brave Roi à leur tete : fur la lin del’année, Adalgise se sauva dans les terres des Grecs, & les Véronnois, qu’il avoit quit-tez rachetèrent le pillage de leur ville en livrant au vainqueur la veuve & le fiìs deCarloman, dont on ne parla plus depuis. Le siège de Pavie fut beaucoup plus long fiedura bien avant dans Tannée 774 ; le Roi fit un voyage à Rome à la fête de Pâques& y fut reçu avec tous les honneurs que Ton rendoit auparavant aux Exarques ; c’é-toient les Gouverneurs que TEmpereur Grec mettoit en Italie, lesquels résidoient à Ra-ines ; le Peuple Romain lui déféra de plus la qualité de Patrice, avec le droit denommer les Papes, pour éviter les cabales &les divisions ordinaires ; les Ultramontainsprétendent toutefois que ce ne fut tout an plus que le droit de confirmer après leur éle-ction ; de fa part, pour rendre les grâces réciproques, il confirma les donations de sonpere & Ton dit même qu’il les augmenta. A son retour 'dans son camp, Pavie étoit àT extrémité de la plus cruelle famine ; le vieux Hunaud instigateur de cette guerre avoitété déchiré par la populace, de sorte que le Roi Didier se trouva peu après réduit à selivrer lui-même à Charles qui renvoya à Liège dans un Monastère où il mourut & ainsifinit la domination des Lombards, à laquelle les Peuples d’Italie s’étoient si bien accou-tumez que leur Postérité la regrette encore.

Le Roi préparant ensuite son retour en France, se fit auparavant couronner solem-M1 y a nettement à * Monza, près de Milan de la couronne de fer qui avoit servi aux Rois*<**«'« Lombards ; puis disposant de sa nouvelle conquête, il céda définitivement a l’Eghsedansk M s -Romaine l’Exarchat, la Pentapole, les Duchez de Rome & de Perouse, la Toscane ul-térieure & la Campanie ; il donna la Duché de Benevent à Aragise neveu de Didier,celui de Spolette à Hildebrand, & celui de Frioul à Ratgaud, le tout aux conditionsde la féodalité, de Tobéïssance & du service militaire -, il retint pour lui } a Liguríe,l'Emilie, la Venetìe & les Alpes Cottienes, c’est à dire, la pl us grande partie du Ro-yaume des Lombards ; ainsi son Royaume s’étendoit, tant en propriété qu’en féodalitédepuis les Alpes jusqu’à T extrémité de TItalie, la Calabre demeurant aux Grecs, qui ne^ furent