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Tome premier.
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Mémoires Hïstori clu e s 4

Charle- fi tard-les Lettres Romaines, il ne pût jamais parvenir à les bien former dans l’écri-

ture, quoiqu’il eut d’ordinaire le foin de faire mettre des tablettes fous Poreiìler de son

lit, pour s’y exercer pendant la nuit* mais comme les Grands hommes ont leur partdes miferes de la nature, il eut auísi de grands défauts de caractère & de préjugé,l’incontinence qui a souillé sa vie & son cœur ; le trop grand désir de domination, au-

quel il a sacrifié plusieurs de ses proches, & enfin Paveugle fantaisie d’étendre la Reli-

gion Chrétienne par la violence, quand l’instruction ne suffifoit pas ; enfin l’Histoire nerapporte aucun fait plus étrange que la conversion prétendue du païs des Saxons, qui acoûté la vie de tant de milliers d’hommes, immolez comme des bêtes à ce faux zèle dela Foi: aussi parut-il, par les événemens suivans, que la Providence qui a favorisé la

vie de ce Prince d’une prospérité presqíie continuelle, a puni sa postérité précisément par

rapport à ces trois défauts dominans, ayant permis que cette postérité se déchirât eîle-même avec une fureur sans égale par l’avidité du commandement ; que cette même

postérité tombât dans la honte & la dégradation presqu’auísi-tôt après fa mort ; & en-

fin que tout l’Empire ait été, pour ainsi dire, purgé par le fer & par le feu du crimecommis contre les Saxons.

Louis I. Quarantième Roi, second Empereur.

Louis.

'EMPEREUR Louis, surnommé le Débonnaire, va nous présenter un spectacle

J— j bien différent de celui que son pere avoit donné à PEurope ; nous allons voiravec etonnement la Domination formidable des François devenir entre ses mains le jouetdes Prêtres, des Femmes & des Favoris. Né avec des talens naturels, avec un cœurjuste & bon, il sçût empoisonner toutes ses vertus par les deux principes qui perfection-nent celles des autres, je veux dire la pieté & la bonne fortune, celle-ci lui donna uneconfiance qui dégénéra en flexibilité ; & celle-là une austérité de mœurs & de fenti-mens avec une bizarrerie & une conduite si particulière que les fonctions de fa Cou-ronne lui devinrent plus à charge que n’auroient été celles d’un Directeur de Mona-stère, il fe livra dans fa première jeunesse à la pratique la plus étroite de la Religion»mais il en tira des maximes peu convenables à son Etat, d’où vient que tantôt tropdoux & tantôt trop severe, il ne pût jamais contenter personne ni se satisfaire Jui-même^Ce Prince s’étant donc rendu, comme nous Pavons dit, auprès de son pere, environ unan avant fa mort, il reçût, avec la Couronne Impériale, plusieurs avis touchant Pad-ministration de ses Etats, entre lesquels ceux qui concernoient le foin dû à la Religion& à la dispensation de la justice furent les principaux. On affleure que PEmpereurCharles lui en donna d’autres fur fa conduite particulière, en lui faisant connoître lesdangers de la vie Monacale qu’il pratiquoit & son peu de convenance avec l’administra-tion de la Monarchie ; mais Louis les reçût dans une disposition qui acheva de le per-dre, il retourna en Aquitaine plus mécontent de la correction paternelle, quelque justequ’elle fût, que convaincu de la vérité ; ainsi quand il arriva à Aix-la-Chapelle trentejours après la mort de son pere, il étoit prévenu & contre les Ministres & contre laCour, la soumission de Vala, qui avoit été le plus fidele ami de Charles, dans le der-nier tems de son Régné, lequel étoit venu au devant de lui jusques a Orléans, le tou-cha peu, d ailleurs il s’imagina qu’il saloir que fa Maison & sa Cour donnassent l’éxem-ple sur ce pié-li, il en chassa d’abord ignominieusement ses propres sœurs, fit mourirdeux Seigneurs qu’il soupçon noir avoir vécu trop familièrement avec elles, bannit de sa

personne