Mémoires Historiques. lóì
Ce Comte Eccard est celui qui eut procès avec Vulfrade Archevêque de Bourges, tou- Cham.eschant la possession de la terre de Perrecy, dont l’enquete ci-devant rapportée a été faiteentre 866 & 867 : son Testament conservé dans les Chartres du même lieu de Perrecy ^
donne les noms de ses pere, mere, freres, sœurs & enfans, par où l’on eonnoit qu’il acté pere de Thierry, Comte d’Autun,
Pere de
Nebelong II, Comte d’Au-tun, d’Auxerre, de Ma-çon ou de Madric, lequela été Commissaire pourCharles le Chauve l’an 24.de son Régné, a fait unedonnation à l’Abbaye dela Croix, S. Emfroy, l’an20. du même Régné, & aligné une autre Chartre en878. l’an 2. de Louis leBegue ; on le fait pere duMarquis Robert mort en867.
Je pourrois aller plus loin daris la représentation du Systeme, mais ce que j’en viensde découvrir suffit, selon moi, pour en démontrer la fausseté : Premierement, il n’y aaucun titre, ni Chronique, qui fasse Robert Marquis de France fils de Nebelong -, aucontraire, le Cartulaire de S. Martin de Tours désigne proprement qu’il étoit fils deRichard. Mezeray, en son Histoire générale; soutient à la vérité que le Cartulaire ori-ginal ne porte qu’une R. avec un point, selon la méthode des abbréviations de ce tems-là, de forte que l’on en peut faire Robert, aussi bien que Richard, mais pourle nom de Nebelong, c’est ce qui est impossible. II est vrai que les Annales de S.
Bertin disent, que'la Comté d’Autun avoit appartenu au Marquis Robert, & qu’ellelui avoit été enlevée par un nommé Bernard, mais ce n’est pas dire, qu’il fut fils deNebelong, ou du Comte Eccard, qui étoit actuellement en possession de cette Comtépendant la vie de Robert, & qu’il le fut encore long tems âpres la mort, st l’on encroit l’énoncé des Titres. 2°. Je trouve une impossibilité, sinon Physique, du moinsMorale, que Robert eut été pourvu du Gouvernement de la Marche de France, eriqualité d’un des meilleurs Capitaines de son tems, bien auparavant que son pere & sonayeul aient paru dans le Monde. Quand on propose des filiations & qu’on prétend lesrendre probables par le secours de quelques Titres, il ne faut pas tellement négliger láprobabilité même, que l’on choque absolument le bon sens & la droite raison, contrelesquels les Titres ne fçauroient prévaloir, ainsi fans contester fur ce sujet des pièces quiprouvent que le Comte Eccard & son fils Nebelortg Ont tous deux vécu jufqu’en 885,il paroitra incroyable à tous ceux qui y feront réflexion que Robert, petit-fils d’Eccard,fe trouve pourvu de la plus grande Dignité du Royaume en conséquence de son mé-rité, 24 ans avant la mort de son ayeul-, que Robert vienne ensuite à mourir dans unébataille glorieuse à l’Etat, & que ce même ayeul qui n’oublie personne de sa Familledans son Testament, n’en fasse pas la moindre mention, il en faut dire autant par rap-port à Richard Duc de Bourgogne, oublié de même dans le Testament de son ayeulcontre toute vraisemblance.
De plus, n’est-ce pas abuser de l’Histoire, que de dire que le Marquis Robert avoitépousé une fille du Débonnaire & qu’il en eut les Rois Eudes & Robert, lors que l’onv °ìt au contraire, q U e l’obstacle principal qu’ils ont trouvé à leur avancement du côtédes Grands, a été le défaut de leur sang, parce qu’ils n’avoient pas l’avantage de sortir
G g g de
Richard, Duc de Bour-gogne, qui a fait le Siègede Vienne en 882.
Pere de
Raoul, Roi de Franceen 923;
Pere de
PIugues le Nou, & deBozon.
T h 1 e R R v, Comte de Orn-ions,
Pere de
Manasses de Vergi, en
92í,
Pere de
Gislèbert, dont la filleLeudegarde épousa O-thon Duc de Bourgogne,frere de Hugues Capet.