jg Etat de la France.
Paris. Curez des environs de Paris, du Vexin & Brie font extrêmement considérables, &queles Prêtres qui les dé servent en tirent un fort gros Cazuel, outre la fubsistence queles Vicaires ou Abituez prenent des fondations & de la charité desfideles. II est donccertain qu’en portant les revenus Ecclésiastiques en fonds de terre de la Généralité deParis jufqu’à 5000000I. non compris ceux de la plûpart des Convents de Pans, on lesmettra beaucoup plus bas qu’ils ne font en effet. Le nombre des Ecclésiastiques, fansy comprendre ceux de la Ville & Fauxbourgs de Paris, fe trouve monter à 9975, sa-voir z968 Prêtres séculières, 1859 Religieux & 4148 Religieuses, il est peu nécessairede suivre l’Auteur à cet égard dans le détail des Diocèses & des Elections,
Ordre de Quant aux biens que POrdre de Malthe possede, dans l’étenduë de la Généralité, PAu-fmMtu teur avant d’en donner le détail, fait une nouvelle digression fur son Institution & furihn la forme de son gouvernement, en quoi je ne laisserai pas de le suivre, même contre laHÌJÌ0 ‘ re ' réglé, dans Pidée que l'on fera bien aise de trouver ici un abrégé d’une religion si con-sidérable avec le détal des Privilèges dont elle est en possession dans ce Royaume.
II est donc certain que l’Ordre, ou Religion de S. Jean de Jérusalem doit son ori-gine à la Charité de quelques Marchands de Meîphes ou Melphi en Italie, dans le Ro-yaume de Naples, qui établirent à Jérusalem un Hôpital pour le soulagement des Pè-lerins. Frere Gérard, qui fut le premier Maître de cette Maison en 1099, donna desstatuts à ses Religieux & les obligea outre les trois vœux ordinaires, à un quatrième,qui fut de garder & entretenir les Pèlerins. Ce dernier vœu les jetta bien-tôt dans laprofession des armes, & l’usage qu’ils en firent avec une valeur très-brillante attira par-jni eux beaucoup de Noblesse avec quantité d’aumônes & de dons.
Après la prise de Jérusalem par Saladin, Sultan d’Egypte, ils fe retirèrent à Mur-got, puis en la Ville d’Aire qu’ils défendirent contre les Sarrazms en 1290, avec uneopiniâtreté & une valeur incroyable, mais Payant enfin perdue, ils fe retirerent en Pistede Chypre, où le Roi Jean de Lusignan leur donna retraite dans la Ville de Laristà,alors dite Larinon ; ils n’y demeurèrent pas en repos, mais attaquant par tout les In-fidèles ils conquirent Piste de Rhodes en 1310, 8e y firent leur établissement. Ils fu-rent néanmoins fortement attaquez eux-mêmes & secourus quelque tems après, par A-mée VI Duc de Savoye, qui en remporta 1 a célébré Devise de sa maison F. E. R. T.qui s’éxplique par ces mots, Ford tu do Ejus Rhodum ïenuit : c’estpar fa valeur que Rhodesnous a été conservée. Mahomet II, le Conquérant de Constantinople y mit le siègeen 1480, avec des forces innombrables que le grand Maître d’Aubusson soutint avecautant de valeur que de succès: cependant ils y furent enfin forcez fous le grand Maî-tre de Villiers de Piste Adam en 1528. par le Sultan Soliman ; le Pape leur donna alorsretraite à Viterbe jusqu’à ce que Charles-Quint Empereur leur céda 1 Iíle de Malte en1528. C’est-là qu’ils ont formé le dernier établissement qui résista toûjours a toutesles forces des Turcs en 1566, fous le grand Maître de la Vallette, & qui subsiste en-core aujourd’hui avec autant d’éclat & de réputation qu’ils en ayent jamais eu.
Quant à la principale source des richesses de la Religion, on la recherche ordinaire-ment dans la suppression de l’Ordre des Templiers, qui fut faite à 1 a poursuite du RoiPhilippe le Bel au Concile de Vienne en 13n, laquelle paroît avoir fait passer auxmains des Chevaliers de Malthe la plus grande partie des Biens qu’ils possédoient >mais la vérité est, qu’ils les acquirent du Roi à prix d’argent, comme il est justifié parune infinité d’actes : quoique l’on dise communément qu’ils leur furent accordez libé-ralement par le Concile, & par un Arrêt du Cònscil du Mois de Mars 1312.
Su P rivi. A l’égard des Privilèges, POrdre de Malthe n’a rien de commun avec le reste du
Clergé de France, dont il est séparé, non seulement par un usage immémorial, ® alSpar lettres patentes du Roi Charles IX, du 26. Avril, 1568. confirmatives de l’apom-ternent fait entre les Députez du Clergé de France & ceux de 1 Ordre de S. Jean, re-gistrées en Parlement le 4. Juin ensuivant, par lesquelles il est porté que ceux de l’Or-