Etat de la France. 61
Les Marchez de Sceaux font très-considerables pour les bestiaux ; c’est delà que la Paris.Ville de Paris tire fa viande, il feroit ennuyeux de suivre l’Auteur dans l’enumeration detoutes les autres Foires & Marchez de la Généralité.
A Pégard des Ponts & Chemins, l’Auteur dit qu’il n’y a aucun fonds dans la Généra-lité pour leur entretien, parce que la dépense en est inégale, mais que les réparationss’en font fur les ordres des Trésoriers de France, qui veillent à cette Police, & y emplo-yeur quelques revenans bon du Domaine ; l’on ne sauroit toutefois dissimuler l’abus gé-néral qui se pratique à cet égard, dans la Généralité & plus particulièrement aux envi-rons de Paris, où toutes les voyes qui conduisent au nouveau Palais, élevées par les Fi-nanciers font parfaitement pavées & entretenues pendant que les grandes routes, commecelles de Paris à Rouen, à Beauvais, ou à Amiens, font impraticables la plus grandepartie de l’année.
L’Auteur traite ensuite en particulier des Ponts de la Ville entre lesquels il compte ce-lui de l’Iíle Louvier, bâti de bois en Pan 1608 ; il dit que Piste Notre-Dame revêtue dequais & de parapets de pierre dans la longueur de 300 toises, d’une pointe à Pautre, &largeur de 93, a commencé d’être ornée & habitée en 1614 -, que les Trésoriers deFrance en ont conduit les Ouvrages, qui ont duré plus de quinze ans, à Cause des Oppo-sitions du Chapitre de Notre-Dame, qui est Seigneur du terroir-, que le Pont-Marie, quijoint l’Ifle à la Ville du côté du Nord, fut abattu par les glaces en 1658, & depuis réta-bli ainsi que celui de la Tournelle & le Pont de bois ; que le Pont Notre-Dame a étébâti en 1539, & fini en 1642 ; S. Michel en 1616 ; le petit Pont est d’ancienne constru-ction ; il ne dit rien des Ponts de l’ITôtel Dieu, qui font particuliers à cette maison,mais à l’égard des Ponts de toute la Généralité dont il fait le détail, ainsi que des Péages& Travers qui s’y élèvent, il m’a semblé que je les pouvois omettre dans cet extrait : enobservant simplement que l’Auteur compte dans la Généralité 184 Ponts de pierre & debois, dont il en suppose un tiers en ruine, & les autres assez mal entretenus ; qu’à l’é-gard du droit de péage & de travers qui se levent dans la Généralité, ils montent tousensemble à la somme de 75308 1 . non compris les Bacs fur les grosses Rivl;:-es. Sur quoiil observe que les péages font fort incommodes au Commerce ; raison pour laquelle ilvoudroit qu’on les réduisit au simple entretien des Ponts & Chaussées, qui par ce moyenpourroit être fait plus éxactement.
En P année 1472, on persuada au Roi Louis XI, qu’il y. avoit dans le Royaume une Des Minesgrande quantité de Mines d’or & d’argent & d’autres métaux, ce qui donna occasion àce Prince de faire une déclaration favorable pour ceuX qui en entreprendroient la re-cherche -, François I. & Henri II. Pont confirmée & étendue, mais quelques travailsqu’on ait fait en conséquence, il paroit pár l’éxpérience, ou que la France ne produitpoint de tels métaux, ou que ses habitans n’ont point de talent de les découvrir utile-ment ; il raconte à ce sujet qu’u n particulier, nommé Prévost, prétendit il y a quelquesannées avoir découvert une Mine d’or au territoire d’Auneuil, Election de Beauvais, &en effet la Terre qu il tiroir de fa Mine paroisioit chargée d’un métal jaune & luisant ;mais on convint ensuite que ce n’étoit qu’un marcassite imparfait, & la découverte a étéabandonnée ; une autre Mine fut découverte proche Lusancy, Election de Meaux -,mais l’éxpérience qu’on en fit réussit mal, en ce que la dépense passa de beaucoup le prixde l’or qu’on en tira & delà l’Auteur conclud que l es véritables Mines de la France fontles bleds & les vins & les autres fruits de la terre, qu’elle produit avec abondance, quandelle est bien cultivée.
II dit qu’il y avoit autrefois des forges & des fonderies pour la Mine de fer, dans lesElections de Sens, Joigny & de Vezelay ; mais que depuis l’Invention de faire flotter lebois à Paris par les Rivières, elles ont toutes cessé, parce que les Marchands de boistrouvent plus de profit à ce débit qu’à travailler aux forges.
CL
L’Auteur