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Tome premier.
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K T A T DE LA F R A N C É.

Pica r- blíe à Abbcviile depuis 3 ’année 1665. pour la fabrique des draps façon de Hollande &die. d’Angleterre ; ce font des Hollandois qui l’ont entreprise, & qui travaillent de lained’Efpagne tant pour les chaînes que pour la trame, ils font à présent 80 métiers battans,qui font dans le cours de l’année 1600 demi-pieces de 18 à 20 aunes chacune, & a u prixde 15I. l’aune, fur le pied commun, produisent 480000 1. il y a plus de 40 métiers em-ployez à la mocade & aux tripes rayées, la chaîne de cette Etoffe est de fil & la tramede laine de toutes couleurs ; il en est sorti l’année derniere 2000 pieces, qui, à raison de3oI. chacune, ont produit 60000 1 . la fabrique des Savons, pour dégraisser les lainesfait ordinairement un débit de xoooool. par an. II y a de plus huit ou dix Marchands àAbbevilie, qui débitent de groíìès toilles propres aux amballages, lesquelles fe fabri-quent dans le lieu & aux environs, dont le débit peut aller à 30000 1. on fabrique aulîlbeaucoup de toilles de laines qui étant mises en teintures servent aux doublures des ha-bits ; enfin il y a dans cette Ville 6e dans les Villages des environs une fabrique particu-lière de fil de Caret 8e de cordages qui passent dans toutes les autres Provinces du Ro-yaume.

Cala::. L a Ville de Calais est très-ancienne ; on croit que le petit Riíban qui subsiste encore,est un ouvrage de Caligula ; son assiette la rend plus considérable que le nombre de seshabitans, qui n’est que de 595 âmes ; elle est située fur le bord de la Mer à 4 lieues deGravelines, & 3 lieues d’Ardres ; elle communique de tous cotez par canaux Sc avecl'Angleterre par la Mer ; l’ancienne enceinte de cette place, en y comprenant la Cita-delle, forme un quarté long, dont les grands cotez ont chacun 600 toises Sc les petits250. Cette étendue est fortifiée de murailles & de petites tours de médiocre défense ;la partie de la Citadelle, qui fait face au Fort de Nieulay, est couverte par une inondati-on ; le grand côté, qui regarde la Campagne, est fortifié de bons bastions revêtus, avecde bons fossez de 25 à 30 toises, où l’on peut mettre l’eau selon les besoins ; le côté,qui regarde Gravelines, est celui qui a été fortifié avec plus de foin ; cependant les ou-vrages font trop serrez pour une bonne défense, 6c d’ailleurs on n’a pû y faire des che-mins couverts, à cause de la hauteur du terrain qu’il auroit falu percer, de forte quec’est toûjours le côté foible de la place, d’autant plus que les approches en font aisées àcause des Dunes qui font le long de la Mer. Au reste comme les eaux font abondantes,on s’en est húreufement servi pour mettre la place à couvert' tant par des inondationsque par des courans fort rapides qu’on peut faire passer dans les fossez de quel côté quel’on voudra par le moyen des écluses ; la difficulté qu’il y auroit à assiéger cette placene consiste pas seulement dans ses fortifications, mais dans l’impossibilité de Renfermer àcause des inondations qui sépareraient une armée ; au reste, le Fort de Nieulay est unepièce parfaite dans ce qu’il contient, il n’y a que quatre bastions.

Quelque heureuse que soit la situation de Calais, son port est presque inutile par lèmauvais état des jettées, il n’y a que 22 ou 23 piez d’eau à leur tête dans les plus grandesmarées & 15 piez dans le port vis-à-vis la Ville, un vaisseau n’y entre point fans risque :car s’il range à l’Ouest, il est en danger de briser contre la jettée, Sc à l’Est, le périln’est pas moindre ; tout le mal vient de ce qu’il n’y a point d’éclufe pour nettoyer leport, 6c que les sables qui s’y amassent s’y durcissent prodigieusement avec la vase, danslaquelle ils fe mettent. M. de Vau ban avoit projette de réparer ces défauts en prolon-geant les jettées de 5 à 600 toises jufqu’à la basse mer, en rétablissant les Quais du pont6c en construisant 4 écluses fur une même ligne, au travers le Port vis-à-vis la Citadelle»ces ouvrages ne coûteraient que 1500000 1 . & rétabliraient le Commerce dans une pl acedes plus considérables du Royaume ; on objecte néanmoins q u e ce servit la ruine deDunkerque, qui a infiniment coûté au Roi, mais c’est faute de considérer qu’il ne s ag 1 *-pas de faire à Calais un Etablissement de Marine, comme à Dunkerque, mais feulementde mettre ce Port en état que les vaisseaux poursuivis de l’ennemi y pûílent trouver unazile, dont ils manquent absolument sur toute la Côte ; que d’ailleurs il n'y a point

d’endroit