Etat de la France. Igx
Le Commerce de 1 Election de Montargis eít fort petit, on y fabrique quelques O rle-g'rosses Etoffes pour l’habillement des soldats, & l'on y tire de grosses toiles de S. Far- ans.geau & de S. Coins qui fe debitent à Melun ; les fruits de ce Païs font portez à Parisles Allemands y venoient autrefois chercher du faffran dans le territoire de Bois-Com- mcr°e%
raun, mais ce Commerce est entierement tombé, on ne s’en sert à présent que pour les ! ?l c ? kn
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teintures.
Tout le Commerce de l’Election de Clamecy consiste en bois en serges & en fer ; Clames.les bleds qu’elle produit font portez d’un Marché à l’autre & se consomment dans lePaïs, aussi bien que les vins : de 7 forges & un fourneau qui étoient dans ce Canton,il y en a quelques-unes d’abandonnées, les autres travaillent par le moyen de Peau desruisseaux & de quelques étangs & du bois qui est à portée d’être flotté par les Ri-. vieres.
A l’égard des bois en général, P Auteur remarque qu’il y en a suffisamment dans chaque r>« BoisElection ; les Buissons du Païs de Puissaye fournissent l’Election de Gien, les Forêts de & Fc,e - S -Monsieur le Duc d’Orleans occupent un grand Terrain dans les Elections de Dourdan,Montargis & Orléans ; celle de S. Agnan & de la Ferté fournissent les Elections deRomorantin & de Beaugency. Dans PElection de Blois on trouve la Forêt de Bou-logne qui appartient au Roi, celle de Marchenoir, de Freteval dans la Comté du Du-nois & de Montmirail, dans PElection de Chateaudun, & dans le Yendomois, celle duDuché, tous ces bois font convertis en chauffage & quelque petite quantité en merrains,en Echalats & en Sciage.
L’Auteur fait âpres ce détail une description de l’état des peuples qui est digne de Etat à vcuriosité; il dit que le Commerce étant auffi borné qu’il Pa representé dans le discours ,>£ ’ V Y"-précédent, il s’enfuit qu’il y a peu de monde qui s’en mêle, tant parce que la plûpartdu Païs est éloignée des lieux où on le peut faire & des Rivières navigables, parce quela misere y est un obstacle invincible: il ne compte dans toutes les Villes de la Générali-té que 6182 Marchands de toutes fortes de Marchandises, tant en gros qu’en détail,mais ce qu’il ajoûte de Pempressement de ce même peuple d’entrer dans les Offices deJucîicature ou dans les affaires est surprenant, puis qu’il dit que dans cette étendue ilne se trouve pas une seule charge vacante, quoique les besoins des derniers temslesayentmultipliées au point que l’on sçait ; il compte dans la Généralité 7747 Officiers, tantRoyaux que Seigneuriaux, de Finance & des Hôtels de Ville, y compris les Avocats,Procureurs, Notaires, Huissiers & Practiciens ; les raisons de c-e grand empressementfont, i°, les exemptions atachées à ces charges; 2", la considération & le crédit qu’el-les donnent à ceux qui en font revêtus; 3°, l’incertitude des revenus de la plûpart desBourgeois, qui consistent ordinairement en vignes ; 4 ', le manque d’occupation quivient des pertes des biens arrivées dans les familles, dont les enfans ont néanmoins unebonne éducation, & qui par ces pertes fe trouvent éloignées des routes de la fortune,mais néanmoins aíïèz riches pour s’épargner le travail manuel ; ceux-là, dont 1 Auteurcompte jusqu a 1400 dans la Généralité, íont d’autant plus à plaindre que leur oisivetéest involontaire.
Le peuple ne manque ni d’efprit ni de courage, ce qui fe connoit par Pexpériencequ’on a de la conduite de certains sujets qui remplissent dignement les grands emploishors la Généralité ; PEglife &le Bareau font remplis d’habilles gens qui ont même dela délicatesse dans les belles-lettres ; le malheur des tems est cause qu’une partie des meil-leurs esprits fe jettent dans la pratique des arts les plus mécaniques, y étant engagezpar le besoin particulier & par le besoin public qui rend ces professions plus lucratives ;l’Auteur compte 167800 artisans, cabaretiers, hôteliers & menuisiers dans la Genera-bïé, 7397 journailliers, compagnons, aprentifs, garçons de boutique, à quoi il joint.
3374 servantes.
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