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Tome premier.
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164
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§ H <8

164. Etat de la France.

et z, donne communément 1600 Paroisses de Jurisdiction, la Ville 5 e nommoit autrefois TouîOUL la dorée à cause d’une ceinture dorée qui entouroit ces murailles': il s’est tenu plusieursVer- ç 0 nciles à Toul ou dans fa dépendance, aussi bien qu’à Metz; mais l’Auteur a remisd’en parler dans l’article qu’il prétend donner fur l’état de l’Eglise. Verdun, connuVerdun. dans les Commentaires de César sous le nom de Vìrodunum , est situé au bord de la Meuse& au sommet d’une colline, d’où on descend sur le rivage par une pente douce & ai-sée ; c’est le siège d’un Evêché & d’un Baillage érigé par nos Rois. Les' Evêques en é-toient Seigneurs, & en la qualité de Comtes de Verdurq ils étoient Princes de l’Empire ;il n’est point nécessaire de dire de quelle maniéré elle tomba entre les mains de HenriII, mais il importe de savoir, que près d’un Siécle auparavant, le Roi Louis XI. y avoitautant de crédit que s’il en eut été Souverain, & qu’il se defit del’Evêque, lequel, pré-voyant ce qui arriva dans la fuite, s’oppofa de toutes ses forces à cette grande autorité;Outre la Cathédrale qui a eu un beau & grand Chapitre, il y a l’Abbaye de Ste. Van-nes à présent enfermée dans la Citadelle, cette Maison est le chef d’une CongrégationReformée de l’Ordre de S. Benoît. La Ville est belle, grande & riche, habitée par2800 familles & 10700 personnes ; on prétend que S. Va u lin Disciple de S. Denys deParis en a été le premier Apôtre, & qu’il en a fondé l’Evêché, où il se trouve seule-Thionvílle. ment 120 Paroisses. Thionville, bâtie fur la Mozelle, est une Place dépendante de laDuché de Luxembourg, mais qui en a été distraite par différentes conquêtes ; le Ducde Guise la prit la premiere fois en 1558, elle fut depuis rendue à la Maison d’Autriche-,reconquise par le feu Prince de Condé en 1643, & enfin cedée à la France par le Trai-te des Pirénees. Cette Ville a été le Théâtre de plusieurs grandes actions, Charlemagney tint une grande Assemblée en 806, & y fit le partage de ses Etats entre les enfansqu’il avoit alors. En 835. il s’y tint un Concile ou l’Archevêque de Rheims, qui avoitprononcé la sentence de déposition contre Louis le Débonnaire, fut lui-même déposé}enfin c’est aujourd’hui une Place si bien fortifiée qu’elle peut passer pour une des meil-. leures de l’Europe. Longwy, Montmidy, Stenay, Sa mets font, & ont été des Placesimportantes, qui font encore comprises dans ce Département, mais iln’a pas plù à l’Auteurd’en rien dire. La premiere est nouvellement fortifiée, la seconde, qui est aussi un an-cien Membre de la Duché de Luxembourg, a été cédée à la France par le 41 h articleMarsal. du Traité des Pirénées. Mariai, Moyenvic & Morhange ont été cedées à la France,quant à la propriété, par le Traité de Munster ; il n’y a plus que la premiere qui foiefortifiée, les salines de la seconde produisent un profit très-considerable. Phalíbourg estencore une Place très-bien fortifiée, aussi bien que Sarre-Louïs, dont l’Auteur ne ditpas un mot, fe contentant d’ailleurs de nommer les Villes de Sarrebourg, Vesclise Chato-Dieuse & Nomeny, ajoutant qu’il est inutile d’en donner aucun détail.

Il passe ensuite à l’énumeration des Peuples, & coname il a marqué le nombre des ha-bitans des trois Villes Episcopales à 25600 familles, 110700 personnes, non compris lesEcclésiastiques, Religieux, Religieuses, les Valets de livrée, & les servantes étrangères, c’està dire, non nataires du Département,il dit que le reste de la Généralité comprend aussi 25300familles, mais que comme elles font plus nombreuses à la campagne, que dans les Villes,

on y compte 245000 âmes, ce qui fait en total 50900 familles & 350700personnes, noncompris les valets & servantes, qui ne font pas nez dans le Pais. Les Ecclésiastiques,Prêtres, Chanoines, Curez, Clercs & autres desservans les Eglises des trois Diocèses mon-tent à 5000; les Religieux à 800 ; les Religieuses à 880. Total 6680 personnes de-Maurs vouées au service des Autels. Les Gentilshommes & Bourgeois de la Généralité vivent(oti.tituìies. tous v j a Françoise, & pour peu qu’ils soient à leur aise ils ont la coutume d’envoyerleurs enfans à Paris pour apprendre leurs éxercices, s’ils font d’épée ; ou pour faire leursétudes, tant au Latin qu’au Droit pour la Langue Françoise. Al’égard des gens de laCampagne, le peuple y tient beaucoup des mœurs Allemandes, par un effet du voisinage,& parce que plusieurs d’entr’eux sont effectivement Allemands, & qu’ils en parlent le

4 langage-