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La Ville d’Auxerre est assise sur un Coteau au bord de la rivière d*Yonne, son cir-Bou r-cuit est d’une heure de chemin, & sa figure presque ronde, P Air y est pur, & les vûës G0GN£ »en font belles, & même agréables ; c’est le Siégé d’un Evêché de 300001. de revenu, le'—'V'ríChapitre de la Cathédrale est de 60 Chanoines, parmi lesquels, il y a 6 dignitez, mais ilsn’ont gueres que 250 1 . chacun, il y a encore une Collégiale dediée à Nôtre Dame, maisles 18 Chanoines dont elle est composée n’ont que 30 1 . chacun : la Ville a 8 Paroisses, &les Fauxbourgs 4, il ne faut pas omettre de dire, que la Comté d’Auxerre, les Baroniesde Donsy, de S. Verain, & Thouay, sont Fiefs de PEvêché, dont les possesseurs fonttenus, outre l’hommage, de porter le Dais de PEvêque, au jour de son entrée. Les Ab-J" Jù-bayes de cette Ville au nombre de 5 font, S. Germain de l’Ordre de S. Benoit fondée ayes 'en 560 de 1700I. de revenu, S. Marian, de l’Ordre de Prémontrez, qui y a été introduitlong tems après fa fondation de 4000 1 . S. Pere, de Chanoines réguliers, fondée en 749de 200 1 . Nôtre Dame des Isles, de filles, Ordre de Cîteaux de 5000 1 . & S. Julien, auslìde filles, de l’Ordre de S. Benoît, ruinée par les Hugenots, & non encore rétablie, cetteAbbaye a Mille ans d’Antiquité. Outres ces Abbayes il y a encore les Monastères fui-
vans, les Jacobins de 1200 1 . de revenu, les Cordeliers de 600 1 . les Jésuites, qui tiennentle College, de 4000 1 . les Capucins, les Augustins déchaussez, les Ursulines de 100001.les filles de S. Marie de 5000 1 . le Séminaire de 5000 1 . PHôtel-Dieu de 6000 1 . PHôpitalgénéral de 5000 1 . Les Jurisdictons de cette Ville, font le Baillage ou Presidial, la Pré-vôté, les Commissaires des Aides & Tailles, créez après la Suppression de l’Election,en conséquence de PUnion de la Comté d’Auxerre, aux Etats de Bourgogne, les Con-suls, le Grenier à Sel, la Maîtrise des Eaux & Forêts, la Maréchaussée & le Corps de Ville sles Octrois ou deniers Patrimoniaux font fort considérables étant de près de 500001. par
an, mais les charges & taxes absorbent entierement ; cette Ville, favorablement situéspour le Commerce, n’en tire presqu’aucun avantage, les habitans ne s’apliquent unique-ment qu’à la Culture de leurs Vignes.
Le Charolois a pour Confins a POrient la Riviere de Guie qui le sépare du Chalonnoís,à l’Occident le Bourbonnois, au Midi le Maconnois, & au Nord les Baillages d’Autun,
& de Montcenis ; le Pais est tout rempli de Montagnes, & il ne s’y trouve aucune Plainequi ait une lieuë d’étenduë, les Montagnes de S. Vincent, de Savigné & de Doudin, fontplus hautes que les autres, & entr'autres il y en a plusieurs qui étoient autrefois environ-nées de Châteaux , dont il ne reste que les ruines, en cela pareilles aux Montagnes déP Alsace ; on ignore à présent quels ont pû être les fondateurs de ces Châteaux ; le Païsdans fa totalité a 12 lieues de longueur de POrient à POccident, & 7 lieues de lar-geur. Une moitié entiere de cette étendue étoit il n’y a pas long tems couverte de Le Com-hautes futayes, mais on en a dégradé la plus grande partie, particulièrement dansles lieux qui se sont trouvez à portée des Rivières, & ce ne sont plus à présent quedes Bois taillis, où Pon n’a même presque point laissé de Ballivaux, ce qui fait direà P Auteur qu’il ne reste aucune forêt considérable en Charolois, si ce n’est cellequi apartient au Prince de Guimené & de Montauban ; le principal Commerce dece Canton est celui des Bestiaux que l’on y nourrit la plupart de l’année dans lesTaillis de defense, il y a aussi quantité d’autres Paccages de petites Prairies, quifournissent une quantité suffisante de fourage pour la consommation du Pais, lesBœufs aras qui font conduits à Lyon & Paris, & le menu Bestail se vendent dansles Foires du Charolois, qui font assez fréquentées, le Seigle & le Poisson, d’une assezgrande quantité, qui se trouvent dans presque tous les endroits, où Pon en a pû pra-tiquer avec des Moulins au pied des Chaussées, entre encore pour une part considérabledans le Commerce de cette petite Province. Le Prince de Condé est Seigneur do-minant du Charolois, au droit du Roi d’Espagne, qui le tenoit de la Succession deBourgogne, comme ayant été acquis par Philippe le Hardi Duc de Bourgogne, lene. May 1390. de la Maison d’Armagnac pour 60000. francs d’Or, & toutefois il laTom. I. T 11 possede